Lausanne - Des patrons de clubs et de bistrots convoqués à la préfecture

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LausanneDes patrons de clubs et de bistrots convoqués à la préfecture

Dénoncés pour avoir organisé une action sur une place publique en novembre 2020 sous la bannière «Qui va payer l’addition», des restaurateurs et gérants se sont opposés à leurs amendes.

par
Frédéric Nejad Toulami
Mardi, Christophe Roduit (à g.), vice-président de Gastro Lausanne, et Antoine Piguet ont été auditionnés à la préfecture.

Mardi, Christophe Roduit (à g.), vice-président de Gastro Lausanne, et Antoine Piguet ont été auditionnés à la préfecture.

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Ils sont 26 patrons de clubs, de bars et de restaurants à avoir été dénoncés par les agents municipaux de la police le 10 novembre dernier. Leur délit? Avoir participé à une action publique pour lancer un cri d’alarme sur leur «situation dramatique» en pleine pandémie et fermeture forcée des établissements publics.

Dans le rapport de police que «20 minutes» a pu consulter, les agents semblent reconnaître que les directives sanitaires Covid-19 avaient été respectées par la grosse vingtaine de participants répartis sur la place Saint-François ce jour-là. Aussi bien en matière de distance entre eux que du port du masque.

Un appel à «manifester»?

Les autorités semblent notamment reprocher au collectif «Qui va payer l’addition» d’avoir «appelé des gens à venir manifester» sur les réseaux sociaux. Ses membres contestent la notion même de «manifestation» et font remarquer qu’il n’y avait pas d’organisateurs officiels pour ce qu’ils appellent un happening; soit ces quelques tables et chaises vides posées sur cette place Saint-François pour symboliser leur fermeture obligatoire, l’absence alors d’indemnités prévues par le Canton.

Une des actions des cafés-restaurateurs à la place St-François.
Lausanne, le 10 novembre 2020

Une des actions des cafés-restaurateurs à la place St-François.

Florian Cella/24Heures

La Commission de police les a condamnés à 200 fr. de contravention chacun. Une dizaine d’entre eux a fait opposition et certains dénoncent une décision plus politique que judiciaire. Parmi les recourants convoqués par la Préfecture de Lausanne mardi, Frédérique Beauvois, Antoine Piguet et Christophe Roduit, vice-président de Gastro-Lausanne.

Deux poids deux mesures

Parmi eux, certains semblent irrités également par la différence de traitement en faveur des activistes de la Critical Mass. Ceux-ci se sont réunis chaque dernier vendredi mensuel l’hiver et le printemps derniers sur l’esplanade Montbenon, sans respecter les directives sanitaires en vigueur, avant de traverser Lausanne groupés à vélo. Des participants parfois identifiés n’ont jamais été dénoncés pour cela car ils n’avaient pas le statut d’organisateur de la manifestation, selon les critères de justice.

Sollicitée, la préfète Clarisse Schumacher a refusé de communiquer sur ce dossier en raison de la procédure pénale en cours.

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