Actualisé 03.04.2020 à 18:28

Suisse

Des patrons solidaires taillent dans leur salaire

Certains chefs d'entreprise, ayant dû mettre leurs employés au chômage partiel, se sanctionnent eux-mêmes également.

Photo d'illustration.

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Keystone

La crise du coronavirus et le cortège de mesures prises pour endiguer sa propagation, notamment la mise à l'arrêt de nombre d'activités et d'usines, n'est pas sans conséquence sur l'emploi. Alors que se multiplient les mesures de chômage partiel et que plane l'ombre des licenciements en masse, certains patrons de firmes suisses ont décidé par solidarité de renoncer à une partie de leur rémunération.

ABB a annoncé lundi que ses dirigeants renonçaient avec effet immédiat à 10% de leur salaire, le temps que durera la crise. Le nouveau directeur général (CEO) Björn Rosengren, qui a pris les rênes du conglomérat industriel le mois dernier, a expliqué vouloir ainsi marquer «un signe de solidarité».

Le montant ainsi économisé est censé atténuer l'impact de la crise du coronavirus. Le groupe électrotechnique zurichois s'attend à un net coup de frein au premier trimestre 2020 du fait de la pandémie. Dans son dernier rapport annuel, ABB s'était fixé comme valeur-cible pour la rémunération de son patron près de 6 millions de francs.

Quelques jours auparavant, les responsables des quatre sociétés de l'éditeur diversifié TX Group (éditeur de ce journal)- Tamedia, Goldbach, 20 Minuten et TX Markets, avaient exclu toute perception d'un éventuel intéressement aux bénéfices pour l'année en cours. Le groupe avait introduit mi-mars le chômage partiel dans ses effectifs.

Propagation solidaire

D'autres cadres se sont manifestés depuis, à l'image des membres du conseil d'administration et de la direction Georg Fischer. Invoquant eux aussi le principe de solidarité, ces derniers ont fait part de leur renoncement temporaire de 10 à 20% de la part fixe de leur rémunération. Les montants économisés sont destinés aux collaborateurs basés dans des pays présentant des carences au niveau des assurances sociales.

Face à la chute des commandes, le groupe schaffhousois a réagi en ferment partiellement ou totalement plusieurs sites en Europe, et en recourant autant que possible au chômage partiel. La production en Suisse est également touchée, notamment au Tessin.

Même son de cloche chez Meyer Burger, dont les effectifs à Hauterive et à Thoune seront au chômage partiel à partir de la semaine prochaine. Les dirigeants de l'équipementier de l'industrie solaire ont décidé de sabrer leur indemnisation de 15%. Dernier en date, l'exploitant d'espaces publicitaires APG/SGA a introduit le chômage partiel au sein de ses équipes et sa direction a accepté une réduction de sa rémunération pour atténuer en partie les importantes pertes de revenus.

A la tête du prestataire de services aéroportuaires Swissport, Eric Born a indiqué dans un entretien télévisé que la situation du secteur est à ce point critique qu'il était disposé à tirer un trait sur la moitié de son salaire, alors que près de 60% du personnel a été libéré de l'obligation de travailler.

Trop tôt pour les bonus

Dans les prochains jours, d'autres patrons pourraient encore afficher leur solidarité. Sur les ondes de la SRF, le nouveau chef de Credit Suisse, Thomas Gottstein, a assuré qu'il voulait de montrer solidaire, tout en affirmant qu'il est «encore trop tôt pour évoquer les bonus».

Chez UBS, le Tessinois Sergio Ermotti, qui quittera ses fonctions en novembre, a annoncé qu'il fera don d'un million de franc à son canton d'origine. Le numéro un bancaire helvétique a également mis à disposition de la recherche 30 millions de dollars destinés à des projets locaux et internationaux.

Là aussi, on juge prématurée toute décision sur les bonus pour l'année en cours. Cela dépend de la marche des affaires et de l'évolution du marché, a fait valoir une porte-parole d'UBS à AWP. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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