Accouchements: Des photos avant même de prendre bébé dans les bras

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AccouchementsDes photos avant même de prendre bébé dans les bras

Après un accouchement, les parents partagent de plus en plus des photos sur les réseaux sociaux avant même de regarder leur enfant. Les médecins se plaignent.

par
rmf
Les nouveaux-nés deviennent très vite les stars des réseaux sociaux.

Les nouveaux-nés deviennent très vite les stars des réseaux sociaux.

IStock

Alors que bébé ouvre les yeux pour la première fois et pousse son premier cri, médecins et sages-femmes s'affairent... alors que papa et maman s'empressent de l'immortaliser et de poster leur photo sur les réseaux sociaux.

Cette scène est de plus en plus fréquente dans les maternités, dénonce l'hôpital de Triemli (ZH) dans le «Tages Anzeiger». «Nous rencontrons ce problème tous les jours, raconte Gabriella Stocker, médecin-cheffe adjointe de la maternité. Souvent, les parents prennent leur nouveau-né en photo avant même de l'avoir regardé.» Par la suite, l'écran du smartphone accapare parfois plus l'attention des parents que leur enfant.

Au CHUV, le constat est le même. Le chef du service d'obstétrique, David Baud, explique que certains parents dégainent leur appareil à tout bout de champ, entravant le travail des soignants. «On leur demande gentiment d'arrêter, et de respecter les lieux et notre travail, raconte-t-il. D'autant plus que ces appareils peuvent parfois faire des interférences avec nos machines.»

Problèmes pour la santé

Cette tendance peut avoir des conséquences sur la santé des nourrissons. «Les gens ont parfois peur de faire une échographie, mais ne craignent pas les ondes du téléphone», ironise David Baud. Ces risques sont cependant encore mal connus.

De plus, le développement du bébé passe aussi par relation avec ses parents, explique à la «Berner Zeitung» la conférencière Marisa Nüesch, qui a longtemps travaillé dans des jardins d'enfant. «S'ils sont délaissés, les enfants peuvent devenir stressés, anxieux, malheureux, et dans certains cas comme les naissances difficiles, ça peut même altérer leur développement mental.»

Mesures introduites

A l'hôpital de Triemli, une sieste obligatoire mère-enfant a donc été introduite, sans visite ni traitement médical, et désormais aussi sans smartphone. De quoi sensibiliser, mais aussi protéger.

«Nous n'interdisons pas, mais nous informons, explique au contraire Angela Kuck, médecin-cheffe à la maternité de Richterswil (ZH). Les jeunes parents sont généralement reconnaissants qu'on les sorte de l'habitude du smartphone, surtout concernant le rôle du papa, qui n'est pas de filmer la mère mais de la soutenir.»

La clinique privée avait même tenter d'interdire le smartphone il y a quelques années, mais en vain. Une brochure a donc remplacé l'interdiction, sur l'initiative des sages femmes qui ne savaient plus comment réagir.

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