Zurich: Des plâtriers hongrois payés 4 francs de l'heure
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ZurichDes plâtriers hongrois payés 4 francs de l'heure

Trois travailleurs amenés de Hongrie triment pour un salaire de misère qui ne leur permet pas de vivre. Unia dénonce un cas flagrant de dumping salarial.

par
Pascal Schmuck
Zurich
Unia a déjà dénoncé plusieurs cas de dumping salarial dans la construction, comme ici sur le chantier de la FIFA à Zurich.

Unia a déjà dénoncé plusieurs cas de dumping salarial dans la construction, comme ici sur le chantier de la FIFA à Zurich.

Ces trois plâtriers hongrois sont arrivés en Suisse voici six semaines. Mais le salaire n'a pas été à la hauteur de leurs espérances puisqu'ils n'ont reçu pour le moment que 1800 francs payés en espèces pour 50 heures de travail par semaine, révèle 20 Minuten dans son édition du 3 septembre.

Ils sont ainsi payés de 4 à 5 francs par heure, se plaignent-ils. Bien loin des 25 francs qu'on leur avait promis. Ils ont dû reverser une partie de leur salaire au chauffeur qui les a amenés en Suisse. Et leur chef leur a réclamé 500 francs pour leur hébergement à Uznach (SG), à une heure de leur chantier à Zurich.

Unia à la rescousse

Ils partagent un appartement insalubre de 5 pièces avec d'autres travailleurs. Un de leur colocataires s'en est plaint à leur chef. «Pour toute réponse, il a reçu des menaces du patron accompagné d'un garde du corps avec une matraque».

Le syndicat Unia est venu à leur secours et les loge désormais dans un hôtel. «Sinon, ces personnes ne sont plus en sécurité», a expliqué le porte-parole Lorenz Keller. Qui dénonce un système de dumping salarial mis en place par le chef des trois plâtriers. «Il a déjà fait venir de Hongrie de nombreux hommes avec de fausses promesses.»

Le chef se défend

L'entreprise incriminée travaille sur un mandat de la caisse de pensions Migros (CPM), qui a été avertie par Unia. Le directeur de CPM va analyser la situation. «Si les faits sont avérés, nous prendrons des mesures», a déclaré Christoph Ryter, ajoutant que toutes les entreprises participant au chantier devaient respecter le cadre légal.

Le chef de l'entreprise rejette tous les reproches, indiquant que les travailleurs évoqués sont employés par un sous-traitant. «Nos documents montrent que les employés reçoivent plus de 5000 francs par mois.» L'appartement en question est dans un bon état et il n'a jamais menacé quiconque avec une arme, a-t-il ajouté.

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