Actualisé 22.01.2014 à 15:54

Avortement en EspagneDes «points controversés» dans la réforme

Le chef de gouvernement espagnol a reconnu mercredi que le projet de loi sur l'avortement contenait des «points controversés», lors d'échanges houleux avec l'opposition de gauche au Congrès.

Le projet de loi du gouvernement espagnol restreint les conditions d'avortements.

Le projet de loi du gouvernement espagnol restreint les conditions d'avortements.

«Il y a des points qui sans aucun doute sont controversés. C'est un avant-projet et il va être soumis à débat», a affirmé Mariano Rajoy à propos du texte adopté le 20 décembre par le gouvernement de droite, qui doit être ensuite soumis au Parlement.

«C'est un thème extrêmement sensible et il doit être traité avec sensibilité et délicatesse», a-t-il ajouté, admettant qu'il y a «des visions différentes au sein de la société» espagnole. Selon lui, il s'agit de chercher une législation «en accord avec la doctrine constitutionnelle, respectueuse des droits de tous et qui vaut pour la majorité de la société».

Honnie par l'opposition de gauche et les féministes, la réforme approuvée en Conseil des ministres suscite également un malaise grandissant au sein de la majorité de droite, dont certains membres ont réclamé la suspension du projet de loi.

Le texte «humilie» les femmes

L'opposition socialiste a de nouveau violemment attaqué le gouvernement mercredi lors de la première session de contrôle parlementaire depuis l'adoption du texte, estimant que le texte «humilie» les femmes et qu'il les présente comme «incapables» de décider de leur sort.

Cette réforme n'est soutenue que par son «auteur matériel», le ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardon, son «auteur intellectuel», Mariano Rajoy, et son «porte-parole international, Monsieur (Jean-Marie) Le Pen», fondateur du Front national, parti d'extrême droite français, a lancé la porte-parole du groupe socialiste au Congrès, Soraya Rodriguez.

A l'inverse de la France

L'opposition souligne que la France vient au contraire d'assouplir le droit à l'avortement, supprimant la condition «de situation de détresse» de la femme pour avorter.

La loi actuelle espagnole, votée en 2010 sous le gouvernement socialiste, autorise l'avortement jusqu'à 14 semaines de grossesse et jusqu'à 22 semaines en cas de malformation du foetus.

Le nouveau projet de loi, répondant à une promesse électorale de Mariano Rajoy en 2011, n'autorise l'avortement que lorsqu'il y a un danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou en cas de viol ayant fait l'objet d'une plainte préalable. (afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!