Actualisé 01.12.2017 à 13:28

Affaire ButtetDes politiciennes mettent la pression sur Berne

Après la révélation de l'affaire Buttet et les déclarations fracassantes de Céline Amaudruz, l'alliance des sociétés féminines de Suisse demande la création d'une structure de prise en charge pour les parlementaires victimes de harcèlement sexuel.

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ofu/ats
Yannick Buttet a demandé sa suspension du parti.

Yannick Buttet a demandé sa suspension du parti.

Près de deux mois après l'affaire Weinstein aux Etats-Unis, le débat sur le harcèlement sexuel a atteint la Coupole fédérale, écrit ce vendredi matin le «Tages-Anzeiger».

Le tout a été déclenché par la mise en cause du vice-président du PDC Suisse, Yannick Buttet. Jeudi, «Le Temps» a en effet révélé que le Valaisan se trouvait sous le coup d'une plainte pénale pour harcèlement après avoir été arrêté dans le jardin de son ancienne maîtresse.

Harcèlement et e-mails haineux

Quelques heures après, Céline Amaudruz a confié à la RTS avoir subi des gestes déplacés de la part de parlementaires: «Ça m'est arrivé malheureusement plusieurs fois, soit, je dirais, du harcèlement un peu moral qui s'arrête aux propos, soit des gestes vraiment inappropriés et qui vous font vraiment réfléchir à où est-ce que vous allez ou si vous osez encore prendre un ascenseur avec des personnes.» La Genevoise envisage de porter plainte.

Interrogée vendredi par le «Tages-Anzeiger», Kathrin Bertschy, conseillère nationale (Vert'libéraux/BE) et coprésidente de l'alliance des sociétés féminines de Suisse, exige du Parlement la création d'un centre de prise en charge pour les parlementaires victimes de harcèlement sexuel ou de menaces. Elle pense notamment aussi aux e-mails haineux reçus de la part de personnes anonymes. «Dans de tels cas, les parlementaires ne peuvent pas se rendre à la police du village. Raison pour laquelle il faut une structure où les femmes et également les hommes concernés peuvent se renseigner.»

La conseillère nationale Lisa Mazzone (Verts/GE) a également demandé jeudi sur les ondes de la RTS la création d'une structure d'écoute et de conseil au sein du Parlement. Elle permettrait de «déposer la parole», mais aussi «d'envisager une médiation sans passer jusqu'au stade de la plainte».

«Dans les cas de mains baladeuses, la prudence s'impose»

Dans «Le Temps » vendredi, l'avocate genevoise Anne Reiser se montre aussi favorable à des «lieux de discussion, où l'expérience des unes servira aux autres», des lieux où «les plus fortes expliqueront aux plus candides comment fonctionnent les hommes». Selon elle, le recours systématique à la justice n'est pas forcément la solution. «Dans les cas de mains baladeuses ou de propos graveleux, la prudence s'impose», estime-t-elle. La dénonciation ne donnera pas aux femmes «le réconfort qu'une réplique cinglante leur aurait été apporté».

De leur côté, les présidences du Conseil national et du Conseil des Etats ont annoncé jeudi déjà qu'elles allaient examiner si des mesures de prévention et de sensibilisation sont nécessaires.

L'affaire Harvey Weinstein

En octobre plusieurs femmes ont accusé le producteur de cinéma américain de harcèlement sexuel, d'agression sexuel ou de viol. A la suite de ses déclarations, de nombreuses autres personnalités féminines sont sorties du bois, l'accusant de faits similaires. Fin novembre, le «Guardian» a révélé que Harvey Weinstein a dressé début 2017 une liste de 91 personnes susceptibles de révéler ses frasques et aurait demandé à des enquêteurs de récolter des informations les concernant. Cette liste comprendrait les noms de 48 femmes et 43 hommes. Actrices, financiers, publicitaires, ces personnes seraient toutes issues du monde cinématographique.

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