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Disparition de Sophie Le TanDes preuves accablantes rayées du dossier?

Les avocats du meurtrier présumé de l'étudiante cherchent à faire annuler la saisie de dizaines d'objets compromettants trouvés chez le suspect.

par
joc

Cela pourrait être un terrible coup dur pour la famille de Sophie Le Tan, cette étudiante strasbourgeoise disparue le 7 septembre 2018 alors qu'elle devait visiter un appartement. Mis en examen pour enlèvement, séquestration et assassinat, le principal suspect est derrière les barreaux depuis un an. S'il continue de nier toute implication dans la disparition de la jeune femme de 20 ans, des éléments accablants sont apparus au fil de l'enquête.

Or, «Le Parisien» révèle mercredi que les avocats de Jean-Marc R. souhaitent faire annuler la saisie de plusieurs preuves découvertes au domicile du suspect. Ils estiment en effet que ces objets n'ont pas été prélevés dans les règles de l'art: une requête en nullité a donc été déposée. L'un des éléments les plus compromettants est une scie à métaux retrouvée en janvier 2019 dans la cave du meurtrier présumé. Sur cet outil, la police scientifique a découvert des traces de sang contenant l'ADN de Sophie Le Tan.

Enquête sans corps ni aveux

Les avocats de Jean-Marc R. estiment cependant que l'expert judiciaire ayant découvert la scie – et d'autres éléments en novembre 2018 – «a outrepassé la mission qui lui a été confiée». Me Pierre Giurato explique: «Les actes menés le 15 novembre et le 8 janvier ont donné lieu à des saisies. De fait, cela est devenu une perquisition». Or, lors d'une perquisition, le suspect – ou des témoins – doit être présent. Dans ces cas précis, l'expert était seul et Jean-Marc R. n'a donc «pas été en mesure (...) de s'assurer de la régularité des opérations menées», déplore son avocat.

Tous les objets ayant passé entre les mains de cet expert pourraient donc être rayés de la procédure. Les chaussures du suspect et le couvercle de la machine à laver maculés de sang, le morceau de lino où de l'ADN de la jeune fille a été détecté ou encore la fameuse scie à métaux... tous ces éléments seraient alors jetés aux oubliettes. Si la chambre de l'instruction accède à la demande des avocats du suspect, le dossier sera vide de tout élément de police technique ou scientifique. De quoi compliquer encore une enquête sans corps ni aveux.

«Manœuvre de diversion»

Le quotidien français rappelle toutefois qu'un «faisceau d'indices graves et concordants» reste d'actualité. Parmi eux, le lourd passé judiciaire de Jean-Marc R., une petite annonce qu'il a publiée pour attirer la victime et des écoutes téléphoniques compromettantes. Enfin, le meurtrier présumé avait avoué avoir rencontré Sophie Le Tan, mais assuré qu'il l'avait simplement aidée à soigner une blessure au doigt. Le suspect doit être à nouveau entendu le 4 octobre. «Tout dans le dossier démontre la culpabilité Jean-Marc R. Cette requête est une manœuvre de diversion», dénonce Me Gérard Welzer, avocat de la famille de l'étudiante.

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