VAUDDes preuves illicites torpillent le procès d’un clan de dealers
Une famille de trafiquants aurait dû être jugée lundi, mais une partie des preuves n’est pas recevable.

Le clan se procurait la drogue en Espagne et en Albanie.
C’est presque une PME familiale qui aurait dû être jugée depuis lundi. Entre 2014 et fin avril 2018, ce clan de Kosovars installé dans la région de Vevey s’est livré à un vaste trafic de drogue portant sur plusieurs centaines de kilos de cannabis et, pour certains d’entre eux, quelques kilos de cocaïne.
Chef du réseau, le père se chargeait de l’acquisition des stupéfiants en Espagne et en Albanie et en gérait l’acheminement. La mère et sa fille s’occupaient de planquer les stupéfiants du réseau dont les deux fils étaient les grossistes et le beau-fils l’un des vendeurs attitrés. Les six membres de la famille ont comparu lundi à Renens. Mais pas pour longtemps: prévu sur trois jours, le procès a été reporté en septembre en raison de preuves obtenues de manière illicite.
Collecte illégale d’infos
Les avocats du patriarche et de ses fils se sont appuyés sur divers arrêts du Tribunal fédéral pour demander le renvoi. La haute cour a en effet jugé que les informations collectées à l’étranger par le Ministère public via une balise et un micro placés sur la voiture du père étaient illégales. En septembre, le dossier devra donc être allégé de toutes ces scories.
«Cette affaire se distingue par l’ampleur des preuves obtenues de manière illicite», a insisté Me Campart, défenseur du patriarche, cerveau du trafic. «Il faut renvoyer le dossier au Ministère public qu’il nous donne les preuves qui sont censées être valables», a appuyé Me Tirelli, avocat de l’un des fils.
Le procureur Jotterand a lui rappelé à la Cour qu’elle pouvait faire abstraction de toutes les preuves qu’elle jugeait illicites, la Chambre des recours pénale l’ayant autorisée à statuer sur le fond.
