Un an après l'indépendance du Kosovo: Des progrès, mais le chemin reste long
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Un an après l'indépendance du KosovoDes progrès, mais le chemin reste long

Un an après sa déclaration d'indépendance, le Kosovo s'est déjà doté d'une constitution et d'une législation moderne.

Mais le chemin pour atteindre les standards européens sera «long et ardu», estime l'ambassadeur de Suisse à Pristina, Lukas Beglinger.

Interrogé par l'ATS à la veille du premier anniversaire de la naissance du nouvel Etat - le 17 février , M. Beglinger juge la situation politique dans l'ancienne province serbe «remarquablement calme». Ceci alors que les relations politiques avec Belgrade sont «bloquées» et que «la plupart des Serbes du Kosovo refusent de reconnaître les institutions» du nouveau pays.

«Comme la situation économique et sociale ne s'est guère améliorée, l'euphorie populaire à la suite de la déclaration d'indépendance a cédé à un certain sentiment de désillusion, voire de frustration», relève M. Beglinger.

«Les gens réalisent que l'indépendance en soi n'entraîne pas une amélioration de leur situation économique précaire. Le pays devra faire face à de grands défis», ajoute le diplomate à la tête d'une équipe d'une vingtaine de personnes.

Selon les autorités locales, le chômage touche 45% de la population

Une situation qui n'incite pas les Kosovars établis en Suisse-

quelque 150 000 (dont 100 000 au bénéfice de permis B,C et L) - à rentrer chez eux. «Nous ne disposons pas de chiffre, mais il est évident que le nombre de personnes retournant de la Suisse au Kosovo est mince. La plupart des Kosovars vivant en Suisse souhaite y rester», remarque M. Beglinger.

«Excellente réputation»

Ambassadeur à Pristina depuis le 28 mars 2008, le quinquagénaire considère que la Suisse jouit «d'une excellente réputation au Kosovo». Elle figure «parmi les partenaires majeurs du pays», dit- il.

La Suisse, par la voix de la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, avait été l'un des premiers pays à souhaiter une indépendance «formelle» du Kosovo. Dix jours après la déclaration d'indépendance, le 17 février 2008, la Confédération avait reconnu officiellement le nouvel Etat.

Concrètement, Berne contribue actuellement à assainir les infrastructures du jeune Etat (approvisionnement en eau et en électricité), explique M. Beglinger. La Confédération soutient également la formation professionnelle, l'emploi et le développement économique (agriculture).

Dizaines de millions de francs

Dans le cadre de sa politique de promotion de la paix, la Suisse défend la protection des droits des communautés minoritaires. «Notre initiative visant à faciliter la réconciliation et le dialogue politique entre les communautés albanaise et serbe est très appréciée», affirme le diplomate.

Berne participe également à la mission de l'Union européenne (EULEX). A ce stade, sept experts suisses sont à pied d'oeuvre, dont trois garde-frontières. L'objectif est d'envoyer jusqu'à 16 experts. Au total, la Confédération a prévu une enveloppe de 76,8 millions de francs pour 2008-11 afin de soutenir le tout jeune Etat sur le plan civil.

Sur le plan militaire, la Suisse est présente par le biais de la Swisscoy (plus de 200 hommes et femmes), dont les premiers éléments avaient foulé le sol kosovar en 1999 à la suite de la guerre. Le budget annuel de cette mission est d'environ 40 millions de francs.

Relations économiques très modestes

Si l'Etat est engagé dans l'ancienne province serbe, les investissements privés suisses sont plutôt rares en dépit des appels lancés par les autorités de Pristina.

Selon M. Beglinger, la seule entreprise helvétique de taille présente au Kosovo est Holcim. Le cimentier exploite depuis 2000 une usine sur la base d'un accord de leasing.

Selon les chiffres du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), les échanges entre la Suisse et le Kosovo restent très modestes. Ils ont atteint quelque 26 millions de francs en 2008. (ats)

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