Valais: Des psys jugent le tireur de Daillon irresponsable
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ValaisDes psys jugent le tireur de Daillon irresponsable

L'homme qui avait tué trois personnes en tirant à tout-va, en janvier 2013 dans un village, est mentalement malade selon des experts.

par
Christian Humbert

«Irresponsable. Schizophrène. Persuadé que ses parents ne sont pas ses vrais parents. Risque de récidive.». Les conclusions des premiers experts qui ont examiné le tireur de Daillon sont sans appel: seule une mesure d'internement dans une structure psychiatrique garantira que Florian B. ne repassera pas à l'acte. Quand ils l'ont interrogé, le prévenu, un ancien capitaine et convoyeur de fonds de 33 ans, a déclaré avoir «ouvert le feu sur des séquestrateurs.» Selon les spécialistes, «il a dirigé ses tirs sur des personnes précises avec lesquelles il était en conflit. Il ne pouvait pas totalement ignorer qu'il commettait un acte illicite.» Ce 2 janvier 2013, dans la soirée, Florian B. avait tiré une quarantaine de coups de feu, tuant trois femmes et blessant deux personnes.

«L'alcool (le prévenu avait 1,75 ? lors des faits) n'est pas la cause du drame, assure Audrey Wilson-Moret, son avocate. Il est atteint d'une maladie mentale dont l'évolution a conduit au drame. Cela s'est produit sur une longue période. Il n'a pas conscience de ce qu'il a fait. Il dit ne pas avoir de souvenirs. Le dialogue est difficile, voire impossible. Il n'a aucune stratégie de défense, aucune explication».

La procureure a ordonné une seconde expertise. Le tireur encourt la prison à vie. Cette mesure pourrait être suivie d'un internement indéterminé qui dépendra de l'évolution de sa santé mentale. La justice pourrait aussi décider directement de l'interner à vie.

Florian B. pourrait-il «simuler la folie?»

Me Jean-Luc Addor conseille la tante et l'oncle de Florian B., blessés lors du drame: «Le tireur souffre de graves troubles psychiques. Mais simule-t-il la folie, s'interroge-t-il. Les experts ne sont pas affirmatifs en ce qui concerne les chances de succès ou d'échec d'une thérapie. Que faire de cet homme? A nos yeux, il convient de l'interner à vie. Il y avait un différend, des tensions, cela a pu jouer un rôle.»

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