Syrie: Des raids israéliens font un mort et sept blessés
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SyrieDes raids israéliens font un mort et sept blessés

Israël a bombardé mercredi plusieurs sites militaires syriens sur le Golan en représailles à l'explosion d'une bombe artisanale qui a blessé quatre militaires israéliens mardi.

Le régime de Bachar al-Assad a condamné ces bombardements mais n'a pas brandi la menace de représailles. Parmi les cibles visées durant la nuit par la chasse israélienne figuraient un poste de commandement, un centre d'entraînement et des batteries d'artillerie, a déclaré de son côté un porte-parole de l'armée israélienne.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait averti dès mardi qu'Israël réagirait «avec force» après l'explosion de mardi. Le ministre de la défense Moshé Yaalon a mis en demeure mercredi le régime du président al-Assad de cesser de «coopérer» avec les ennemis d'Israël.

«Nous considérons que le régime d'Assad est responsable de ce qui se passe sur son territoire. S'il continue à coopérer avec les agents terroristes qui cherchent à nuire à l'Etat d'Israël, il paiera un prix élevé», a déclaré M. Yaalon dans un communiqué.

Certaines zones du côté syrien du plateau du Golan sont contrôlées par des rebelles combattant l'armée syrienne, y compris des combattants jihadistes hostiles à Israël. Selon Jérusalem, le mouvement chiite libanais Hezbollah, allié de Bachar al-Assad et ennemi de longue date d'Israël, est également présent dans cette région.

«Attaque professionnelle»

A l'instar d'autres analystes de sécurité israéliens, le général Amos Yadlin estime que le régime syrien est de près ou de loin derrière l'attentat de mardi.

«L'attaque d'hier était professionnelle», a dit cet ancien chef des renseignements militaires à la radio militaire. «Il ne fait aucun doute que les Syriens étaient au courant, et peut-être même qu'ils l'ont menée pour le compte du Hezbollah», a-t-il précisé.

«Cela change les règles du jeu, et lorsque l'autre partie (la Syrie) change les règles du jeu, Israël doit faire passer le message que le prix va être très élevé», a ajouté M. Yadlin.

Guerre d'usure

Les deux pays sont officiellement en état de guerre. Toutefois la frontière israélo-syrienne était considérée jusqu'à présent comme la frontière la plus calme depuis la fin de la guerre du Kippour en 1973.

Mais, selon l'analyste militaire du Yedioth Aharonot, «les Syriens et le Hezbollah veulent entraîner Israël dans une guerre d'usure à la frontière nord au moment et au rythme qu'ils imposent».

Ligne de cessez-le-feu

Les quatre parachutistes israéliens ont été blessés mardi par l'explosion d'une bombe au passage de leur jeep dans la partie du plateau du Golan occupée par Israël. L'incident s'est produit près de la ligne de cessez-le-feu avec la Syrie.

L'artillerie israélienne avait rapidement riposté en visant des positions de l'armée syrienne. Jérusalem avait informé la Force des Nations unies chargée de superviser le cessez-le-feu en place depuis 1974 sur les hauteurs du Golan (FNUOD) de la «gravité» de l'incident.

La situation sur les hauteurs du Golan est tendue depuis le début de la guerre civile en Syrie en 2011. Les incidents sont restés jusqu'à présent relativement mineurs, se limitant à des tirs à l'arme légère ou au mortier auxquels l'armée israélienne a généralement répliqué. (ats)

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