Actualisé 01.09.2015 à 16:18

Buch (SG)

Des réfugiés saisis à la sortie du train

Les passagers en situation irrégulière ont été remis à la police saint-galloise.

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La vague attendue à la frontière suisse n'est pas encore arrivée. Mardi matin, seuls une poignée de réfugiés sont descendus à Buchs (SG).(mardi 1er septembre 2015)

La vague attendue à la frontière suisse n'est pas encore arrivée. Mardi matin, seuls une poignée de réfugiés sont descendus à Buchs (SG).(mardi 1er septembre 2015)

Keystone
Le premier train en provenance de Graz (A) est entré en gare de Buchs (SG) peu après 8 heures.(mardi 1er septembre 2015)

Le premier train en provenance de Graz (A) est entré en gare de Buchs (SG) peu après 8 heures.(mardi 1er septembre 2015)

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Quatre personnes ont été interpellées par la police. Il s'agirait de migrants en provenance de Syrie. (mardi 1er septembre 2015)

Quatre personnes ont été interpellées par la police. Il s'agirait de migrants en provenance de Syrie. (mardi 1er septembre 2015)

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Les premiers réfugiés ayant pris le train vers l'ouest lundi à Budapest arrivent à destination. Mais la vague attendue à la frontière suisse n'est pas arrivée. Mardi, seule une poignée de réfugiés est descendue à Buchs (SG).

Mardi matin, les deux convois étaient en retard. Le premier train en provenance de Graz (A) est entré en gare de Buchs (SG) peu après 8 heures. Quatre personnes ont été saisies par la police: trois hommes et un garçon. «Ils arrivent probablement de Syrie», a indiqué le porte-parole de la police cantonale Hanspeter Krüsi.

Le «Wiener Walzer» en provenance de Budapest a été scindé à Salzburg. A 10 heures, la moitié du convoi a atteint Buchs, le premier arrêt du train en territoire suisse. La police a interpellé six réfugiés de Syrie et du Bangladesh.

Dans la capitale viennoise, où le convoi est resté bloqué plusieurs heures, «il y avait au moins un millier de migrants qui attendaient à la gare», raconte un contrôleur. D'ailleurs, lundi soir et dans la nuit, des centaines de réfugiés sont arrivés en Allemagne, leur principal objectif, par des trains provenant d'Autriche et d'Hongrie. Dans la plus grande gare de Budapest, la police magyare avait cessé d'empêcher les migrants de poursuivre leur voyage en direction de l'ouest.

Remis à la police

A leur descente du train en Suisse, les passagers en situation irrégulière ont été remis à la police saint-galloise par les garde-frontières helvétiques. Après leur avoir demandé leurs papiers, la police prend les empreintes des pouces des hommes et contrôle s'ils n'ont pas déjà été enregistrés en Suisse. «Ils sont fatigués, épuisés», relève Hanspeter Krüsi.

Un policier s'approche d'un homme avec une cruche d'eau. Celui-ci vient du Bangladesh et souhaite rejoindre des amis à Paris, explique-t-il. D'une liasse de papiers, il sort plusieurs billets de train et montre la photo d'un enfant dans son porte-monnaie. Il ne sait plus depuis quand il est en route. Les autres hommes l'ont rencontré pour la première fois dans le train.

Ceux d'entre eux qui aspirent à l'asile seront transférés au centre d'enregistrement et de procédure d'Altstätten (SG). Là, la procédure d'asile commence. Au programme: vérification identitaire, enregistrement et un court questionnement sur les raisons de l'asile.

A bout de forces

Deux heures plus tard, les passagers de la deuxième partie du «Wiener Walser» ont été transbordés à Feldkirch (A) par un train régulier des chemins de fer autrichiens. A 12h11, le convoi atteint Buchs.

Deux hommes tiennent une pancarte: «Refugees are welcome here». «Nous voulons faire un signe», indiquent les deux jeunes Liechtensteinois, qui, avisés par les médias de la venue de ces passagers, ont décidé de passer la frontière.

Une famille de quatre personnes et un homme seul descendent du train. La jeune femme tient un bébé dans ses bras. Il a trois mois, indique-t-elle avec ses doigts. L'autre bambin, endormi dans les bras de son père, a un an.

Ils viennent de Kobané, en Syrie et ont d'abord rejoint la Turquie, explique la femme, à bout de forces. Un sac en plastique lui fait office de seul bagage. La famille sera prise en charge par un médecin, explique Hanspeter Krüsi. Le reste de la procédure sera le même que pour les autres réfugiés.

Une journée «normale»

La migration de l'est vers l'ouest par les trains internationaux existe depuis de nombreuses années. Mais une forte hausse des entrées a été observée depuis le mois de juin. De cent à deux cents migrants arrivent par cet axe chaque semaine, essentiellement par les deux trains du matin.

Le bilan n'est toutefois pas celui imaginé. Le Commandement Corps des gardes-frontière s'attendait à une arrivée massive, explique mardi Markus Kobler, commandant de la région gardes-frontière III (SG/GR). «Nous ne contrôlons pas seulement les trains, mais aussi le territoire», détaille-t-il. Dans la nuit de lundi à mardi, 13 réfugiés ont été récupérés.

Au final «c'était une journée normale à la gare de Buchs», conclut Hanspeter Krüsi. Toutes les deux heures un train en provenance d'Autriche arrive dans cette gare saint-galloise. Et d'autres réfugiés pourraient rejoindre la Suisse. Mais pour la plupart, leur Eldorado, c'est l'Allemagne. (ats)

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