Berlin : Des réfugiés victimes de viol dans des prisons en Syrie
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Berlin Des réfugiés victimes de viol dans des prisons en Syrie

Entre 2011 et 2013, quatre femmes et trois hommes, tous réfugiés en Europe, ont été victimes ou témoins de torture et de violences sexuelles, telles que le viol, les électrochocs sur les parties génitales, la nudité contrainte ou même l'avortement forcé.

Les plaignants auraient été victimes ou témoins de torture et de violences sexuelles dans les geôles syriennes (image prétexte)

Les plaignants auraient été victimes ou témoins de torture et de violences sexuelles dans les geôles syriennes (image prétexte)

AFP

Des réfugiés syriens ont porté plainte en Allemagne pour des viols et abus sexuels dans des prisons du régime de Damas, un recours qui vise notamment un ancien proche d'Assad et s'ajoute à plusieurs procédures en Europe.

Le Parquet fédéral allemand, qui siège à Karlsruhe (sud-ouest), a confirmé à l'AFP avoir reçu la plainte déposée mercredi et annoncée jeudi par l'ONG allemande ECCHR. Ce recours, qui intervient alors que se tient depuis avril en Allemagne le premier procès au monde d'exactions attribuées au régime de Bachar al-Assad, vise nommément neuf hauts responsables du gouvernement syrien et des services de renseignement de l'Armée de l'air, a précisé l'ONG basée à Berlin qui appuie cette démarche.

Parmi ces personnes visées figure un ancien proche du président Assad, l'ancien chef des services de renseignements de l'armée de l'Air en poste jusqu'en 2019, Jamil Hassan, qui fait déjà l'objet d'un mandat d'arrêt international de l'Allemagne et de la France. La justice allemande le soupçonne de «crimes contre l'humanité».

Electrochocs sur les parties génitales

Ces plaignants, quatre femmes et trois hommes tous réfugiés en Europe, ont été incarcérés dans différents centres de détention des services de renseignement de l'armée de l'air à Damas, Alep et Hama.

Entre avril 2011 et août 2013, ils ont tous été victimes ou témoins de torture et de violences sexuelles, telles que «le viol, les électrochocs sur les parties génitales, la nudité contrainte ou même l'avortement forcé».

«Je veux que la communauté internationale et les Cours de justice dans le monde comprennent ce que nous avons subi simplement parce que nous étions des femmes», a témoigné l'une de ces victimes plaignantes, citée dans le communiqué.

Sujet tabou en Syrie

Depuis trois ans, les plaintes contres des responsables syriens pour les actes de torture perpétrés dans les geôles de leur pays se sont multipliées dans plusieurs pays européens, en particulier en Allemagne où la justice s'est montrée active face à des exactions largement documentées par des ONG et des témoignages de rescapés réfugiés à l'étranger.

L'Allemagne accueille avec quelque 800’000 réfugiés syriens, le plus gros contingent en Europe. Ces abus sexuels relèvent «de la répression massive et systématique de la population civile syrienne» depuis le déclenchement de la guerre il y a plus de neuf ans, selon le European Center for Constitutional and Human rights (ECCHR). Le viol demeure largement tabou en Syrie et les femmes qui en sont victimes sont parfois ensuite rejetées par leur famille ou leur communauté.

Procès pour crimes contre l’humanité

Depuis le début du conflit en Syrie, en mars 2011, le régime de Bachar al-Assad a été accusé d'atteintes aux droits de l'Homme et mis en cause pour de multiples cas de tortures, viols et exécutions sommaires dans les centres de détention.

Depuis fin avril, deux anciens des services de renseignement syriens, réfugiés en Allemagne, sont jugés devant une Cour de Coblence pour crimes contre l'humanité et complicité de crimes contre l'humanité, un procès présenté comme historique, car c'est la première fois que les exactions attribuées au régime syrien sont jugées. La justice allemande a lancé en 2011 une enquête structurelle en l'absence de plaintes et réunit depuis des preuves des crimes commis par la dictature syrienne.

(AFPE)

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