Berne: Des requérants protestent contre leur hébergement
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BerneDes requérants protestent contre leur hébergement

Des demandeurs d'asile ont dénoncé mercredi les conditions dans lesquelles ils étaient logés en voulant mener une action dans leur abri. La police est intervenue pour ramener le calme.

«L'abri est dans un état catastrophique», a déclaré Jacqueline Kalbermatter

«L'abri est dans un état catastrophique», a déclaré Jacqueline Kalbermatter

Plusieurs requérants d'asile hébergés dans un abri de la protection civile à Berne ont bruyamment dénoncé mercredi leurs conditions de vie. La tension est montée d'un cran lorsque la police est intervenue pour rétablir le calme. Pendant ce temps, les centres d'accueil débordent.

Des requérants logés dans l'abri souterrain en ville de Berne avaient l'intention de sortir leurs matelas et de les déposer dans la rue afin d'exprimer leur mécontentement, a indiqué Jacqueline Kalbermatter, membre du collectif pour le droit des réfugiés à rester en Suisse, lors d'une conférence de presse.

La direction du centre a toutefois empêché les requérants de mener leur action de protestation. L'arrivée de la police cantonale bernoise a envenimé la situation mais il n'y a pas eu de violence. Les personnes logées dans cet abri du quartier de la Länggasse dénoncent régulièrement le manque de place.

L'un des requérants d'asile a expliqué que l'abri est trop exigu pour pouvoir y accueillir 160 personnes. La situation est surtout difficile pour la vingtaine d'enfants. La plupart des personnes demandent aussi à pouvoir elles-mêmes cuisiner. Autre grief, les nombreux contrôles effectués par la police dans ce centre.

Centres Débordés

Contacté par l'ats, le porte-parole de l'Office fédéral des migrations (ODM) Michael Glauser explique qu'il existe des difficultés pour loger les requérants. «Nos cinq centres fédéraux sont pleins. Les centres dans les cantons sont pleins également et tout le monde cherche des places».

Outre le canton de Vaud, qui a dû ouvrir en urgence un abri de la protection civile vendredi dernier pour faire face à l'arrivée de nouveaux requérants, la situation est particulièrement tendue dans les cantons de Zurich, des Grisons et en Argovie, indique Michael Glauser.

Le nombre de demandes d'asile est resté à un niveau élevé au 2e trimestre 2012. Avec 7250 cas, il n'est supérieur que de 1,8% à celui du 1er trimestre, mais dépasse de 34,2% le nombre de demandes déposées au 2e trimestre 2011, a indiqué l'ODM.

Le principal pays de provenance est une nouvelle fois l'Erythrée avec 1275 demandes. Suivent le Nigeria avec 674 demandes et la Tunisie avec 611 demandes.

Durant le 2e trimestre, 3289 personnes ont quitté la Suisse par voie aérienne sous la surveillance des autorités, soit une augmentation de 43% par rapport à la même période de 2011, dont 1178 transférées dans un autre Etat Dublin. La majorité a été transférée vers l'Italie.

2000 places

Jusqu'en septembre, le Département fédéral de la défense (DDPS) doit mettre à disposition des places pour 2000 requérants. Actuellement, il a mis en service deux centres: à Tschorren, dans l'Oberland bernois, et Eigenthal (LU). Les négociations avec deux communes grisonnes, Medel et Sufers, sont bien avancées, a indiqué une porte-parole du DDPS, interrogée par l'ats. Medel ne sera toutefois disponible qu'en été 2013.

Le DDPS et le Département de justice et police (DFJP) ont annoncé mercredi la conclusion d'une convention administrative sur l'hébergement de requérants dans des infrastructures militaires, comme le leur avait demandé le Conseil fédéral.

Ainsi, le DDPS se charge des négociations avec les cantons et les communes. Une fois que les infrastructures de l'armée ne seront plus requises pour l'asile, le DDPS veillera à leur remise en état.

Le DFJP de son côté assure l'encadrement des requérants. Il est responsable de l'exploitation de ces nouvelles places d'hébergement fédérales et de tous les aspects en lien avec la sécurité. Durant leur exploitation proprement dite, la collaboration avec les cantons et les communes relèvera de la compétence du DFJP.

La Confédération a besoin de ces places d'accueil supplémentaires pour éviter de devoir attribuer les requérants d'asile aux cantons dès les premières phases de la procédure. Elle en espère des délais de traitement plus courts et une réduction des coûts. (ats)

Cantonnements militaires

Le Département fédéral de la défense (DDPS) doit mettre à disposition des cantonnements militaires pour héberger des requérants d'asile. Il est chargé des négociations avec les cantons et les communes, ont décidé le DDPS et le Département fédéral de justice et police (DFJP). Le DDPS doit aussi obtenir les accords et les autorisations nécessaires, ont annoncé mercredi les deux départements, qui ont conclu une convention administrative en ce sens. Une fois que les infrastructures de l'armée ne seront plus requises pour l'asile, le DDPS veillera à leur remise en état. Le DFJP de son côté assure l'encadrement des requérants. Il est responsable de l'exploitation de ces nouvelles places d'hébergement fédérales et de tous les aspects en lien avec la sécurité. Durant l'exploitation proprement dite de ces infrastructures, la collaboration avec les cantons et les communes relèvera aussi de la compétence du DFJP.

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