Tuerie de Floride: Des rescapés de la tuerie accusés d'être des pantins
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Tuerie de FlorideDes rescapés de la tuerie accusés d'être des pantins

La droite dure américaine a pris pour cible les leaders lycéens de Parkland, qui militent pour le contrôle des armes à feu et qu'elle accuse d'être manipulés par les démocrates.

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Le policier accusé de passivité lors de la fusillade du lycée de Parkland, en Floride, a été arrêté mardi pour négligence. (4 juin 2019)

Le policier accusé de passivité lors de la fusillade du lycée de Parkland, en Floride, a été arrêté mardi pour négligence. (4 juin 2019)

AFP
Sydney Aiello, survivante de Parkland rongée par la culpabilité du survivant, selon sa famille, s'est suicidée à 19 ans la semaine dernière. (22 mars 2019)

Sydney Aiello, survivante de Parkland rongée par la culpabilité du survivant, selon sa famille, s'est suicidée à 19 ans la semaine dernière. (22 mars 2019)

AFP
Un hommage aux victimes de la fusillade qui avait fait 17 morts le jour de la Saint Valentin, il y a un an, a été rendu jeudi en Floride. (14 février 2019)

Un hommage aux victimes de la fusillade qui avait fait 17 morts le jour de la Saint Valentin, il y a un an, a été rendu jeudi en Floride. (14 février 2019)

AFP

Les lycéens rescapés de la fusillade de Floride, comme David Hogg, Emma Gonzalez ou encore Cameron Kasky, sont devenus les visages du combat contre les armes aux Etats-Unis. Ils sont désormais aussi la cible de la droite dure américaine et des fervents défenseurs du président américain qui affirment qu'ils sont manipulés par l'opposition démocrate.

Preuve de la polarisation du débat politique américain et du phénomène des «fausses informations», ces lycéens de Parkland avaient à peine pris la parole ce week-end pour dénoncer l'inaction des politiques face à la multiplication des fusillades que les premières critiques apparaissaient sur certains sites de l'«alt-right» et les réseaux sociaux.

En première ligne, les sites extrémistes Infowars ou the Gateway Pundit, prompts à relayer les théories du complot. The Gateway Pundit dénonçait des lycéens «utilisés comme outils politiques par l'extrême gauche pour faire avancer sa rhétorique anti-conservatrice et anti-armes», prêts à empêcher «systématiquement» les élèves pro-Trump de s'exprimer devant les médias.

Trump envisage le port d'arme pour les profs

Le président américain à reçu à la Maison Blanche des rescapés de la fusillade dans un lycée de Floride qui a fait 17 morts la semaine dernière.

Et le site d'accuser les organisatrices de la «Marche des femmes» - qui ont annoncé soutenir la manifestation annoncée par les lycéens à Washington le 24 mars - de manipuler les élèves et de «tirer les ficelles».

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Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans un parc en fin de journée, beaucoup tenant une bougie en main en mémoire des victimes.

«Acteurs de crise»

David Hogg, l'un des élèves à la pointe du mouvement et journaliste en herbe, et Emma Gonzalez, qui a prononcé samedi un vibrant discours devant les caméras contre les responsables politiques américains, étaient particulièrement visés. Le site Infowars les accusait d'avoir été conseillés par CNN, média honni de la droite dure, et d'être tellement bons devant les caméras qu'ils auraient été choisis pour jouer les «acteurs de crise» au service d'une cause progressiste.

Fusillade meurtrière dans un lycée de Floride

Un individu au moins est entré dans un établissement scolaire, en Floride. Il a été interpellé.

David Hogg semble d'autant plus dans le collimateur que son père est un agent retraité du FBI. La police fédérale américaine, très critiquée par Donald Trump pour enquêter sur de possibles liens de sa campagne avec la Russie, a dû s'excuser après la fusillade pour ne pas avoir réagi après que le jeune tueur, Nikolas Cruz, lui eut été signalé pour son comportement dangereux.

Une vidéo présentant David Hogg comme un acteur, postée sur YouTube par un adepte des théories conspirationnistes, était même en tête des vidéos les plus partagées sur la plate-forme mercredi matin avec quelque 200'000 vues, ont rapporté plusieurs médias américains. Elle a été retirée par YouTube en fin de matinée.

Menaces de mort

Quelques conspirationnistes se manifestaient aussi sur Twitter via les mots-dièse #ParklandHoax (#leCanularParkland) ou #CrisisActors, suscitant des appels immédiats à bannir leur compte.

Un autre lycéen en pointe du mouvement, Cameron Kasky, à l'origine du cri de ralliement #NeverAgain (#PlusJamais) sur Twitter, a annoncé mercredi suspendre temporairement son compte Facebook après avoir reçu des menaces de mort de militants de la NRA.

Le fils du président impliqué

Suivi par plus de 2,6 millions de personnes sur Twitter, le présentateur conservateur Bill O'Reilly a lui aussi mis en doute les motivations des lycéens. Les médias veulent «détruire l'administration Trump par tous les moyens nécessaires. S'ils doivent utiliser des enfants pour y arriver, ils les utiliseront».

Ces soupçons de manipulation sont remontés jusqu'à Donald Trump Junior. Le fils aîné du président, qui attaque volontiers les détracteurs de son père, a «liké» à deux reprises mardi deux tweets relayant les accusations du Gateway Pundit contre David Hogg, selon le site Trump Alert qui suit l'activité sur Twitter des membres de la famille du président.

Un élu républicain de Floride, Shawn Harrison, a de son côté confirmé mardi soir avoir renvoyé un de ses collaborateurs pour avoir relayé sur son compte Twitter les accusations contre David Hogg et Emma Gonzalez. S'il a voté mardi, comme une majorité des élus de Floride, contre la possibilité d'interdire les fusils d'assaut, M. Harrison s'est dit effaré par les commentaires de ce collaborateur.

Lycéens sidérés

Plusieurs lycéens visés se sont montrés sidérés par ces accusations. Interrogé sur CNN, David Hogg les a jugées «incroyables» et «absolument troublantes». «Je ne suis pas un acteur de crise, je suis quelqu'un qui a dû assister à tout cela et qui subit tout cela.» (nxp/afp)

(NewsXpress)

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