Suisse romande: Des Romands se gavent de médics pour animaux
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Suisse romandeDes Romands se gavent de médics pour animaux

Nombreux sont les amateurs de gonflette qui avalent des substances prévues pour soigner les chevaux, comme le clenbuterol. Témoignages.

par
Caroline Goldschmid
Les anabolisants étant tabous, on ne peut qu'estimer que 25% des culturistes en prennent.

Les anabolisants étant tabous, on ne peut qu'estimer que 25% des culturistes en prennent.

Un fait divers survenu en ­Suisse romande (lire encadré) met en lumière l'utilisation ­détournée des médicaments. Plus précisément des produits dopants dans le milieu du fit­ness créés à l'origine pour un usage vétérinaire. Le plus répandu est le clenbuterol, une substance soignant les affections broncho-pulmo­naires chez les chevaux. Les culturistes amateurs trouvent en lui une aide pour «sécher», car il augmente la température du corps, ce qui engendre une élimination plus rapide des graisses.

Mais avaler du clenbuterol n'est pas sans risque. Nikolas*, 18 ans, en a fait ­l'amère expérience. «Un ami m'avait fourni ces pilules, et pour trouver la posologie, j'ai lu des forums sur internet. Après un jour de traitement, je n'ai plus pu travailler: j'avais très mal à la tête, je tremblais de partout et je transpirais de façon excessive. A tel point que ça m'empêchait de dormir.» Un employé d'un fitness en Valais nous a confié connaître «plein de clients» qui prennent cette substance, juste avant les concours par exemple. «D'autres en avalent pour frimer en boîte avec des abdos bien dessinés, se moque-t-il. Certains en sont morts. Mais comme tout s'achète sur internet, les stéroïdes se sont complètement banalisés!»

Pour Bengt Kayser, directeur de l'Institut des sciences du mouvement et de la médecine du sport, à Genève, «les recettes partagées sur le Net risquent d'être surdosées;

un abus d'anabolisants peut agrandir le risque de déve­lopper des tumeurs, des troubles cardio-vascu­laires ou encore une atrophie des testi­cules.»

* Prénom ­d'emprunt.

Dopage: un coach sportif condamné

De janvier 2011 à mai 2012, un trentenaire a ­acquis des produits dopants. Ce coach sportif ­revendait pilules et flacons de substances telles que la testo­stérone, l’EPO et le clenbuterol. Il vient d’être condamné par un procureur vaudois à 45 jours-amende à 30 fr. sans sursis. Il devra aussi s’acquitter d’une amende de 450 fr. plus 900 fr. de frais. «Celui qui achète pour son propre usage n’est pas puni, a rappelé le procureur. Le dopage pour des compétitions l’est, en revanche, pour autant que le produit se trouve sur une liste de dopants.»

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