Proche-Orient: Des roquettes tirées du Liban sur Israël font planer la menace d'escalade
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Proche-OrientDes roquettes tirées du Liban sur Israël font planer la menace d'escalade

Des tirs de roquettes à partir du Liban sur le nord d'Israël, immédiatement suivis d'une riposte d'Israël, faisaient planer jeudi le risque d'une escalade militaire à la frontière entre les deux pays.

Israël relativisait toutefois la portée de cette attaque isolée, ne voulant pas créer un second front alors que son offensive meurtrière contre le Hamas à Gaza est entrée dans son treizième jour et que des efforts diplomatiques sont déployés pour aboutir à une trêve.

«Nous savions que des éléments extrémistes au Liban voulaient exploiter la bataille contre le Hamas pour leurs besoins», a déclaré à l'AFP un haut responsable gouvernemental qui requis l'anonymat.

«Nous ne sommes pas surpris et sommes prêts à tout scénario», a ajouté ce responsable qui s'est abstenu de mettre directement en cause le Hezbollah libanais, contre qui Israël avait lancé une guerre en 2006.

Selon des sources militaires, l'état-major israélien estime que ces roquettes ont été tirées par des groupes palestiniens en réaction à l'offensive israélienne à Gaza avec l'accord tacite du Hezbollah.

«Mais même si ce sont des groupes palestiniens qui tirent, ils ne peuvent le faire sans l'aval du Hezbollah» a déclaré un haut responsable militaire cité par la radio publique.

Un responsable du Hezbollah dans le Sud du Liban, Haidar Dokmak, a déclaré à l'AFP que le mouvement «vérifiait l'information».

Le porte-parole du Hamas au Liban a déclaré de son côté que le mouvement islamiste n'était pas responsable des tirs.

«Nous ne pouvons blamer aucune faction palestinienne et nous ne savons pas qui a tiré les roquettes», a déclaré à l'AFP Raafat Morra.

Deux blessés

Quatre roquettes de type katioucha tirées du Liban se sont abattues dans l'ouest de la Galilée, dans le secteur de la ville de Nahariya et du kibboutz Kabri, blessant légèrement deux femmes, selon un dernier bilan.

L'armée israélienne a tiré en riposte plusieurs obus en direction du Liban, a indiqué un porte-parole militaire.

Les habitants du nord d'Israël ont été appelés à rester chez eux près de pièces protégées et les écoles ont été fermées à Nahariya.

Un porte-parole de l'armée libanaise a confirmé que «plusieurs roquettes avaient été tirées par une partie non identifiée» du sud du Liban et que l'artillerie israélienne avait répliqué au nord de la ville de Naqoura, sans faire de victimes.

L'armée libanaise et la force des Nations unies dans la région, la Finul, ont pris des mesures pour protéger la population et «empêcher que quiconque n'en profite et ne nuise à la sécurité du pays», a-t-il ajouté.

Selon lui, la situation dans le Sud du Liban était globalement calme et les écoles sont restées ouvertes après quelques scènes de panique.

Mercredi, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah s'était dit prêt à toute nouvelle guerre avec Israël, menaçant l'Etat hébreu de représailles pires que lors du conflit de 2006 s'il ouvrait un second front parallèlement à celui de Gaza.

«Toutes les possibilités sont réelles et ouvertes», a-t-il lancé lors d'un discours.

«La guerre de 2006 fera figure de promenade de santé pour les Israéliens s'ils s'aventurent à lancer une nouvelle attaque» au Liban, avait-il menacé, en référence au conflit qui a provoqué de 1.200 morts au Liban, en majorité des civils.

Hezbollah averti

Mardi, le Premier ministre israélien Ehud Olmert avait lancé un avertissement au Hezbollah. «Que nul ne se méprenne quant à notre détermination sur tous (les) fronts», avait-il déclaré.

La veille, le chef des Renseignements militaires, le général Amos Yadlin, avait mis en garde contre une attaque du Hezbollah.

Israël a décidé de mobiliser des dizaines de milliers de réservistes pour faire face notamment à une telle éventualité à la frontière libanaise où ses forces ont été placées en état d'alerte.

De son côté, le gouvernement libanais, qui compte un ministre représentant le Hezbollah, a déjà fait savoir que le Liban ne souhaitait pas être entraîné dans une nouvelle guerre et que la formation chiite adhérait à cette position.

Tir de roquettes sur Israël

Embedded video from CNN Video (afp)

Fil des événements

7h00. Plusieurs roquettes tirées à partir du Liban se sont abattues sur le nord d'Israël, selon des sources militaires.

7h30. L'armée israélienne riposte et tire en direction du Liban.

9h00. Le Hamas à Beyrouth déclare ne pas être responsable des tirs.

9h30. Un responsable du gouvernement libanais annone que son pays cherche à déterminer qui étaient les auteurs des tirs de roquettes depuis le Sud-Liban en direction d'Israël.

10h00. Les médias israéliens rapportent de nouveaux tirs de roquettes sur le nord d'Israël depuis le Liban.

10h30. Le Premier ministre libanais condamne les tirs de roquettes sur Israël et la riposte israélienne, estimant que les assaillants sapent la stabilité régionale.

10h55. Le Hezbollah chiite assure ne pas être impliqué. «Le Hezbollah nous a assuré qu'il restait engagé à (préserver) la stabilité et au respect de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et cela veut dire qu'il n'est pas impliqué», a insisté le ministre de l'Information libanais, Tarek Mitri

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