Journée pour l'égalité salariale: Des sacs rouges pour les femmes dans les chiffres rouges
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Journée pour l'égalité salarialeDes sacs rouges pour les femmes dans les chiffres rouges

En 35 ans de travail, une vendeuse sera privée de quelque 350 000 francs par rapport à son collègue masculin.

D'où la tenue mardi, pour la première fois en Suisse, de l'«Equal Pay Day».

Signe distinctif de cette journée: un sac rouge. A l'initiative de l'Union syndicale suisse (USS) et des Business Professional Women (BPW), les syndicats et diverses organisations ont appelé les femmes à porter mardi un accessoire de cette couleur. Unia a distribué dans différentes villes du pays plus de 37 000 cabas rouges, «comme les chiffres rouges dans lesquels stagnent les salaires des femmes».

Hasard du calendrier, le «jour du salaire égal» tombe 48 heures après la Journée des femmes. Mais le 10 mars retenu n'est pas le fruit d'une lubie. C'est en effet la date jusqu'à laquelle les femmes helvétiques auraient dû travailler pour toucher le salaire que les hommes ont déjà reçu le 31 décembre, selon les promoteurs de l'action.

Cadres pas privilégiées

De manière générale, les femmes continuent de gagner environ 19% de moins que les hommes. «A ce rythme, il faudra 50 ans pour obtenir l'égalité des salaires, alors qu'il s'agit d'un droit constitutionnel inscrit dans la loi depuis 1996», rappelle Corinne Schärer, du syndicat Unia. Pour ce dernier, l'âge, la position dans l'entreprise ou le manque de formation ne peut pas toujours être invoqué pour justifier cette discrimination.

Avoir des diplômes et des responsabilités n'est pas non plus une garantie. L'écart atteint jusqu'à 30% parmi les cadres, d'après leur organisation faîtière. Les femmes actives dans les services (secteur tertiaire) sont particulièrement mal loties.

Conclusion: plus les salaires sont élevés, plus les différences de traitement entre les sexes sont criantes, déplore le BPW, qui pointe du doigt le fameux «plafond de verre», mais également le fait que les femmes profitent moins des bonus et autres primes accordés durant les années de vaches grasses.

Aussi pénalisées par la crise

Pour les Verts, une correction est d'autant plus urgente que l'économie est confrontée à une nouvelle récession. Les crises passées ont en effet montré qu'un fléchissement frappe davantage les femmes que les hommes: elles sont plus nombreuses à se retrouver au chômage, les postes à temps partiel étant les premiers à être supprimés, relève le parti dans un communiqué.

Les programmes conjoncturels sont aussi source de distorsion, à ses yeux, car les investissements se concentrent essentiellement dans des secteurs employant une main-d'oeuvre masculine. Les pouvoirs publics seraient donc bien inspirés d'utiliser la crise pour promouvoir la cause des femmes.

Un point de vue partagé par Unia. La concrétisation de l'égalité salariale aurait pour effet de renforcer le pouvoir d'achat des femmes, ce qui n'est pas négligeable en temps de crise, renchérit le syndicat.

Différents outils et initiatives, sur support informatique notamment, ont déjà été lancés pour mesurer la partité des rémunérations. Dernier exemple en date, le conseiller fédéral Pascal Couchepin et les partenaires sociaux ont présenté la semaine passée un système de convention encourageant les entreprises à vérifier leur pratique et à la corriger si nécessaire. (ats)

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