France: Des sarkozystes abandonnent Fillon
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FranceDes sarkozystes abandonnent Fillon

Le candidat de la droite à la présidentielle a perdu le soutien de certains partisans de l'ancien chef d'Etat.

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Marine Le Pen a appelé vendredi les électeurs de la gauche radicale à «faire barrage» à son rival centriste Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle en France. (Vendredi 28 avril 2017)

Marine Le Pen a appelé vendredi les électeurs de la gauche radicale à «faire barrage» à son rival centriste Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle en France. (Vendredi 28 avril 2017)

AFP
Marine Le Pen est arrivée mercredi à l'heure du déjeuner devant l'usine Whirlpool à Amiens... (Mercredi 26 avril 2017)

Marine Le Pen est arrivée mercredi à l'heure du déjeuner devant l'usine Whirlpool à Amiens... (Mercredi 26 avril 2017)

Keystone
... au moment même où son adversaire à la présidentielle française Emmanuel Macron s'entretenait en ville avec des délégués syndicaux de l'entreprise. (Mercredi 26 avril 2017)

... au moment même où son adversaire à la présidentielle française Emmanuel Macron s'entretenait en ville avec des délégués syndicaux de l'entreprise. (Mercredi 26 avril 2017)

Keystone

Les anciens soutiens de Nicolas Sarkozy, qui s'étaient unanimement ralliés à François Fillon, observent des attitudes contrastées à trois semaines du premier tour de la présidentielle. Leur attitude oscille entre perplexité et soutien zélé au candidat de la droite.

Partisans de l'ancien président durant la primaire de novembre, Luc Chatel, Eric Woerth et François Baroin sont devenus des pièces essentielles du dispositif «filloniste», au point d'apparaître comme des ministres en puissance.

Mais d'autres ont cessé de participer à la campagne du candidat, qu'ils ne jugent pas à même de représenter au mieux la droite en raison des ennuis judiciaires, liés aux emplois de membres de sa famille, qui le fragilisent depuis deux mois.

Estrosi reçoit Macron

Sarkozyste historique et pilier des Républicains dans le Sud-Est, Christian Estrosi a reçu samedi Emmanuel Macron dans son bureau du Conseil régional à Marseille. Il n'a pas dit clairement s'il fallait interpréter ce geste comme une manifestation de défiance à l'égard du vainqueur de la primaire.

«Nous sommes responsables, soucieux de l'intérêt général de la France», a-t-il déclaré à la presse lors de cette rencontre, qu'avait sollicitée le candidat du mouvement En Marche!

Vendredi, le président de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca), à qui certains militants de droite tiennent rigueur d'avoir plaidé un temps pour un désistement de François Fillon, a été sifflé lors d'un meeting du candidat de la droite à Toulon.

Rencontre «saugrenue»

L'«accueil républicain» réservé samedi à M. Macron tranche avec l'attitude de François Fillon et de ses fidèles à l'égard du censtriste, considéré comme une cible prioritaire. «C'est saugrenu», a déploré dimanche Eric Woerth, sur BFMTV, à propos du rendez-vous Estrosi-Macron. «Ça crée des troubles chez les électeurs et je ne suis pas sûr que (...), ce soit une bonne idée.»

Comme Luc Chatel et François Baroin, Eric Woerth fait partie des dirigeants des Républicains qui n'ont jamais douté en public du bien-fondé de la candidature de François Fillon, tombé à la troisième place dans les sondages.

Certains «sarkozystes» restés fidèles ont reçu il y a trois semaines une récompense sous la forme d'une promotion au sein de l'équipe de campagne, à l'image de Luc Chatel, devenu porte-parole, et de François Baroin, perçu comme un possible futur Premier ministre en cas de victoire.

Ressentiment

Tous n'ont pas obtenu le même avancement, comme Laurent Wauquiez, qui n'a pas hésité à le faire savoir dans le «Journal du Dimanche». L'ex-président des Républicains critique aussi certaines orientations de la campagne, à commencer par la mise en exergue de la théorie d'un complot orchestré par le pouvoir et la justice contre le chef de file de la droite.

«Je considère que ce serait une erreur de nous engluer dans ces affaires qui écoeurent les Français. Ce qui nous fera gagner, ce n'est pas la thèse du complot, c'est la force de nos convictions et de nos valeurs», juge-t-il dans le «JDD». Il dit cependant souhaiter la victoire de François Fillon, qu'il estime «encore possible».

Au sein de la droite, un responsable s'est pour l'instant gardé de s'exprimer publiquement: Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'Etat a reçu à plusieurs reprises François Fillon à huis clos, dans ses bureaux parisiens, mais n'a jamais pris la parole dans les médias depuis le début des révélations sur les affaires pour soutenir son ex-Premier ministre. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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