Actualisé 21.07.2014 à 08:24

Crash en Ukraine

«Des séparatistes ivres empilent des corps»

La colère gronde dans le monde contre les insurgés prorusses et Moscou. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a pour sa part dénoncé une situation «grotesque».

Paris, Londres et Berlin ont menacé la Russie de nouvelles «sanctions» si le président Vladimir Poutine n'obtient pas des rebelles un accès «libre et total» au site où s'est écrasé le Boeing 777 de Malysia Airlines qui assurait la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur avec 298 personnes à bord.

Vladimir Poutine «a dit ce qu'il fallait dire et maintenant il faut qu'il respecte ses paroles», a déclaré le Premier ministre australien après un entretien téléphonique avec le président russe. Tony Abbott avait laissé entendre que le président russe ne serait pas le bienvenu au sommet du G20 en Australie en novembre s'il ne coopérait pour favoriser un bon déroulement de l'enquête.

Les séparatistes «font disparaître les indices»

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a dénoncé une situation «grotesque», citant les cas «de soldats séparatistes en état d'ébriété empilant des corps dans des camions, faisant disparaître des corps et des indices du site. La Russie se doit de faire quelque chose», a-t-il réclamé, évoquant «un moment de vérité» pour Vladimir Poutine.

Sur les lieux du drame, gardés par les rebelles armés qui en empêchent l'accès depuis trois jours, les corps ont disparu dimanche matin. Un chef rebelle, Alexandre Borodaï, a expliqué que ce déplacement des dépouilles avait pour but de les protéger de la chaleur et des animaux sauvages.

«156 corps ont été déplacés à Torez (ndlr: une ville proche du site du crash) dans des wagons réfrigérés» et «ils ne vont nulle part, ils restent à Torez en attendant que les experts arrivent», a-t-il ajouté, sans donner de précisions sur les autres corps.

Un journaliste de l'AFP a constaté dimanche après-midi que le convoi comprenant cinq wagons réfrigérés sans fenêtres stationnait à Torez, le moteur de la locomotive tournant pour alimenter le système de refroidissement. Aucun garde n'était visible aux alentours.

Vols et pillages

Dans un entretien téléphonique avec Angela Merkel, le président ukrainien Petro Porochenko a aussi dénoncé des cas «de pillage et de vol de cartes de crédit» que la chancelière allemande a jugés «inacceptables», selon la présidence ukrainienne.

John Kerry avait aussi déclaré dimanche qu'il existait «des preuves circonstancielles extraordinaires» de la responsabilité de la Russie et des séparatistes prorusses dans ce crash, sans toutefois les accuser directement d'avoir lancé le missile.

Poutine s'engage à coopérer

Lundi, les enquêteurs pourraient enfin avoir la voie libre. Dans la soirée de dimanche, le président Poutine a promis «son entière coopération» au Premier ministre néerlandais Mark Rutte pour que les corps des victimes et les boîtes noires de l'avion puissent être récupérés. Au total 193 Néerlandais ont péri dans la catastrophe. Le président russe a par ailleurs exhorté les séparatistes à autoriser l'accès au site aux experts internationaux. «Tout doit être fait pour garantir la sécurité des experts internationaux sur le site de la tragédie», a précisé Vladimir Poutine. Il a réaffirmé que l'accident n'aurait pas eu lieu si l'armée ukrainienne n'avait pas mis fin à une trêve et repris ses opérations militaires. Et d'ajouter: «Toutefois, nul ne doit, et nul n'a le droit d'utiliser cette tragédie à des fins politiques égoïstes. De tels événements ne doivent pas diviser les gens, mais au contraire les rapprocher».

Un peu plus tôt, Mark Rutte avait annoncé que les experts internationaux arriveraient lundi sur le site de l'accident. «L'OSCE veut emmener la mission d'identification avec les experts néerlandais demain matin tôt sur le site», a-t-il déclaré à la presse à La Haye. Il a ajouté que les Néerlandais auront la difficile tâche d'identification des victimes de l'accident.

(ats/afp)

Appel lié à un cessez-le-feu

Dimanche, un dirigeant séparatiste a demandé qu'un cessez-le feu soit conclu entre autorités de Kiev et république séparatiste de Donetsk autoproclamée (DNR) pour que les rebelles puissent «garantir la sécurité» des experts internationaux sur le site du crash.

Lors d'entretiens téléphoniques avec les dirigeants occidentaux samedi, le président Porochenko a une nouvelle fois accusé les rebelles d'«enlever les preuves», notamment les boîtes noires. Mais il a souligné que son pays disposait de «preuves irréfutables».

M. Borodaï a dit dimanche que les séparatistes avaient trouvé «certains matériels qui pourraient être les boîtes noires». Il est prêt à les remettre aux experts internationaux.

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