Actualisé 14.03.2016 à 16:17

GéorgieDes «sex-tapes» ébranlent la classe politique

Des vidéos montrant les prouesses sexuelles de politiciens géorgiens circulent sur le web alors que les élections approchent.

Le Premier ministre Guiorgui Kvirikachvili a qualifié ces vidéos de «coup porté à l'Etat».

Le Premier ministre Guiorgui Kvirikachvili a qualifié ces vidéos de «coup porté à l'Etat».

photo: Kein Anbieter

Une vidéo en ligne des ébats adultérins d'une responsable d'un parti d'opposition et la menace de diffusion de «sex-tapes» d'autres politiciens affolaient lundi la classe politique en Géorgie, à quelques mois des élections législatives.

Filmée en cachette, une vidéo où l'on voit une femme ressemblant à une figure du parti d'opposition pro-occidental Démocrates libres et ancienne ministre du gouvernement en train de faire l'amour avec un partenaire inconnu a été mise en ligne sur YouTube vendredi.

Le parti a confirmé ce week-end que la personne figurant sur la vidéo faisait partie des Démocrates libres, sans toutefois préciser son nom.

Politiciens menacés

Lundi, une autre vidéo montrant plusieurs personnes non identifiées qui s'adonnent à des ébats amoureux a été diffusée sur Internet, accompagnée d'une mise en garde adressée à deux membres de la coalition au pouvoir Rêve géorgien, un opposant et une journaliste célèbre.

Les auteurs de la vidéo menacent de révéler les détails de la vie privée de ces personnes si elles ne quittent pas la vie politique.

L'accès à YouTube a été brièvement bloqué lundi pour les internautes en Géorgie.

«Coup porté à l'Etat»

Le Premier ministre Guiorgui Kvirikachvili a qualifié ces vidéos de «coup porté à l'Etat» et accusé leurs auteurs de chercher à «faire chanter l'ensemble de la société» géorgienne.

Pour sa part, le président du parti Démocrates libres, Irakli Alasssania, a accusé «certains cercles du gouvernement actuel» d'être derrière cette «attaque contre les hommes politiques» en Géorgie. «Seules les autorités pouvaient avoir accès à de tels matériaux», a-t-il affirmé.

Le scandale a éclaté à quelques mois des élections législatives, prévues en Géorgie en octobre.

«C'est un coup direct et terrible porté au processus électoral honnête, à l'Etat de droit et aux droits de l'homme dans le pays», a déclaré l'Association des jeunes juristes géorgiens dans un communiqué.

Pas une première

En 2012, la diffusion sur Internet de vidéos de torture dans les prisons géorgiennes à la veille des élections législatives avait abouti à la défaite du parti de l'ancien président pro-occidental Mikheïl Saakachvili. Le scrutin avait été remporté par la coalition Rêve géorgien du milliardaire Bidzina Ivanichvili.

En 2014, le vice-ministre de l'Intérieur à l'époque, Guela Khvedelidze, avait été condamné à un an de prison avec sursis pour avoir publié sur les réseaux sociaux une vidéo montrant une scène de la vie privée d'un journaliste d'opposition. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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