Votations fédérales du 7 mars: Des sociétés géreront-elles notre identité numérique?
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Votations fédérales du 7 marsDes sociétés géreront-elles notre identité numérique?

Le Conseil fédéral veut créer un système d’identification électronique pour ses citoyens. Impliquant des acteurs privés, le texte se heurte au référendum. «20 minutes» vous présente les enjeux de cette votation en vidéo.

par
Lauren von Beust

Considérant que les moyens d’identification en ligne actuels – combinaison de l’adresse mail et d’un mot de passe – ne sont pas suffisamment sûrs, le Conseil fédéral et le Parlement proposent d’y remédier avec la loi fédérale sur les services d’identification électronique (LSIE) visant à instaurer un système univoque et reconnu par la Confédération: l’identité électronique e-ID. Les Suisses devront se prononcer le 7 mars prochain.

Une e-ID, c’est quoi?

Bien que facultative, l’e-ID, propre à chaque citoyen, permettrait de se connecter facilement et sûrement à différents sites pour faire des achats ou obtenir en ligne des services nécessitant aujourd’hui une présence physique, comme le fait d’ouvrir un compte bancaire.

La Confédération avoue ne pas avoir les ressources technologiques nécessaires pour la mise en œuvre et l’exploitation de ces e-ID. Le citoyen devrait donc en faire la demande auprès d’un fournisseur reconnu et contrôlé par l’État. Après vérification des données fournies – nom, prénom et date de naissance –, la Confédération autoriserait alors l’émission de l’e-ID. Celle-ci pourrait être utilisée par le biais d’une application pour smartphone, d’une carte à puce ou d’une clé USB.

Acteurs privés dans le viseur

Si ces fournisseurs d’identité peuvent être des Cantons ou Communes, ils peuvent aussi être des organismes privés. Et c’est précisément ce qui inquiète le comité citoyen, qui a lancé un référendum pour demander l’avis du peuple suisse.

Si la Confédération resterait garante de la base de données personnelles des citoyens, pour les référendaires, le secteur privé n’inspire pas confiance. Ceux-ci craignent les risques d’abus et notamment le fait que nos données ne soient pas suffisamment protégées. D’après des sondages, plus de 80% de la population aimerait que l’e-ID soit délivrée et gérée par l’État. Certaines personnes âgées redoutent également, à terme, de se voir imposer son utilisation.

Parmi les opposants politiques à la LSIE, on compte une large alliance de représentants du PS, des Verts, du PLR et des Vert’libéraux. Ces derniers ne remettent pas en cause l’identité électronique, mais le fait que des fournisseurs privés y soient mêlés.

Selon un sondage Tamedia en ligne, publié en janvier, la population reste très partagée sur la question. Le «oui» à la LSIE obtiendrait 45% des voix et le «non» 47%, tandis que 8% sont encore indécis. Il ne se dégage pas non plus de majorité nette dans les partis. Les électeurs Vert’libéraux soutiennent la loi à 60%, ceux du PLR à 59% et ceux du PDC à 52%. À l’inverse, les sympathisants des Verts, du PS et de l’UDC rejettent cette idée à un peu plus de 50%.

La Suisse, à la pointe

La loi est soutenue par le centre et la droite du Parlement, de même que par la majorité des Cantons et des Communeshuit Cantons y sont opposés, dont Vaud. Pour les partisans, ce nouveau système d’identification électronique serait un gain de sécurité pour le consommateur. Le Conseil fédéral estime aussi que cette loi aiderait la Suisse à poursuivre son tournant numérique et que notre pays resterait ainsi à la pointe du développement mondial.

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