Immigration de masse: Des solutions pour les cantons frontaliers?
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Immigration de masseDes solutions pour les cantons frontaliers?

Un mois après l'acceptation par le peuple de l'initiative contre l'immigration de masse, les régions frontalières suisses craignent pour leur économie.

Face à cette situation, de plus en plus de cantons demandent qu'une certaine marge de manoeuvre leur soit laissée dans l'application du texte de l'UDC.

«C'est une question de prospérité ou de déclin», lance le président du Conseil d'Etat genevois François Longchamp qui compte bien défendre les intérêts de son canton. Genève doit sa richesse aux travailleurs étrangers, rappelle-t-il.

«Nous avons à Genève une particularité, c'est d'être une ville internationale», avec de nombreuses organisations et multinationales. Ces instances génèrent d'importantes recettes fiscales, «nous devons leur assurer une stabilité».

L'initiative engendre une certaine insécurité, abonde le ministre vaudois des Finances Pascal Broulis. Ce climat est défavorable pour l'économie et l'emploi, car «l'incertitude n'aide pas à créer de la richesse».

Flexibilité dans l'application

Face à cette situation, de nombreuses voix réclament des solutions alternatives et régionales et ce même au sein du parti agrarien. «Cette problématique n'est pas la même au Tessin, qu'à Bâle ou à Genève», concède le conseiller national Heinz Brand (UDC/GR).

Selon les cantons, les besoins du marché du travail varient et d'après l'élu, il est tout à fait imaginable d'introduire des quotas différents selon les régions.

Chaque canton devrait mettre en place ses propres contingents, fait également valoir le PDC tessinois qui a lancé une initiative cantonale dans ce sens et qui sera soumise au Grand Conseil lundi.

«A mon avis, même si l'initiative est appliquée, elle sera accompagnée d'outils permettant une certaine flexibilité», juge le ministre de l'économie neuchâtelois Jean-Nathanaël Karakash. «Nous avons des siècles d'histoire par-dessus nos frontières et cela va continuer».

Les incertitudes liées aux accords avec l'Union européenne inquiètent davantage l'élu. Selon lui, le peuple devrait pouvoir confirmer par l'urne qu'il est en faveur d'une voie bilatérale.

Berne a le dernier mot

Mais au final, la balle est dans le camp du Conseil fédéral et non dans celui des cantons, rappelle le ministre de l'économie de Bâle-Ville Christoph Brutschin.

La Conférence des chefs des Départements cantonaux de l'Economie publique (CDEP) promet néanmoins de défendre les intérêts des cantons lors de l'application du projet, a assuré le conseiller d'Etat st-gallois Benedikt Würth.

Ce dernier préside un groupe de travail au sein de la CDEP qui doit plancher sur la question. Il ne sera pas facile de trouver une solution pour les frontaliers qui soit compatible avec l'initiative, pronostique-t-il déjà. (ats)

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