Des soucis pour Bernard Stamm
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Des soucis pour Bernard Stamm

VOILE – Largement en tête de la course autour du monde en solitaire par étapes, le Vaudois a été contraint de ralentir son monocoque.

Alors qu'on pouvait le croire intouchable, tant les deux premières semaines et demi de course sur cette deuxième étape entre l'Australie et la Côte est des Etats-Unis de la Velux 5 Oceans se déroulaient au mieux, Bernard Stamm (43 ans) a connu un pépin mécanique à bord. Comme pour confirmer ce qu'il rappelait à qui voulait l'entendre: «Ce n'est pas une promenade de santé et je ne suis qu'à la moitié de l'étape…».

«Je me suis rendu compte qu'il y avait un problème sur «Cheminées Poujoulat» quand, en vidant la neige qui s'était accumulée dans le sac de bôme, j'ai trouvé une pièce qui venait du chariot situé en tête de mât (n.d.l.r : ce chariot guide la grand voile le long du rail)».

«Du coup, ça signifiait que la grand voile était bloquée en tête de mât et que je ne pouvais plus la réduire. Il y avait trop de mer pour que je monte en tête de mât. Je me suis amarré et je suis monté à mi-hauteur. J'ai réussi à descendre la grand voile sans rien casser, ce qui est plus compliqué que de la hisser et j'ai remplacé le chariot du haut par celui qui est situé tout en bas et j'ai bricolé pour supplanter celui du bas avec des bouts».

«Je pense que ça va être résistant, par contre, je ne comprends pas pourquoi ça a pété, c'est inattendu parce que je n'ai vraiment pas tiré sur le bateau. Le tout m'a pris plus de 8 heures et depuis, je n'

ai pas réussi à dormir, je suis rincé».

Depuis plusieurs jours, Bernard Stamm est confronté à une mer chaotique et à des variations de vent importantes en force (18 à 40 nœuds) et en direction (50°). « Il y a de gros grains avec de la grêle et de la neige, quand ça monte, il faut se dépêcher de réduire, je n'ai pas beaucoup de répit».

A quelques jours du passage du Cap Horn (en début de semaine), alors qu'il pensait devoir descendre et passer très au large du Horn pour éviter les grosses dépressions qui sont positionnées à proximité, Bernard Stamm devra peut-être modifier sa stratégie de course. «Comme j'ai été pas mal ralenti par mon chantier, les choses ont évolué, je n'ai pas encore eu le temps de faire de la navigation, mais ça remet sûrement en cause les prévisions que j'avais. Il faut que je refasse ma météo proprement. Mais d'abord, je vais essayer de dormir».

Samedi à 8000 milles de Norfolk (USA), «Cheminées Poujoulat» a repris son rythme et file à près de 14 nœuds. Son poursuivant direct «Spirit of Yukoh» du Japonais Kojiro Shiraishi est pointé à plus de 1500 milles marin (soit plus de 2700 km). Le troisième, «Pakea», barré par l'Espagnol Unai Basurko, était à plus de 4500 km.

(gco)

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