Coronavirus: Des Suisses coincés après la fermeture des frontières
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CoronavirusDes Suisses coincés après la fermeture des frontières

Pour prévenir la propagation du virus, plusieurs pays empêchent les entrées et sorties de leur territoire. Des touristes y sont bloqués.

par
Yannick Weber

Face au virus, le repli sur soi. Ces derniers jours, de nombreux pays rétablissent les contrôles aux frontières, quand ils n'interdisent pas carrément l'entrée pure et simple sur leur territoire. Conséquence: les compagnies aériennes annulent leurs vols. Les autorités suisses recommandent de ne plus quitter le pays pour ne pas risquer de se retrouver bloqué à l'étranger. Mais de nombreux Suisses étaient déjà partis avant le bouclement des frontières et sont maintenant mal pris.

Tensions au Maroc

L'exemple le plus souvent mentionné: le Maroc. Le Royaume a fermé ses frontières et tout trafic aérien s'est arrêté. «On ne sait rien. Tout le monde est dans l'attente», s'agace Chloé, habitante de Pully (VD), bloquée à Marrakech. La communication avec l'ambassade suisse est limitée et l'ambiance se dégrade. «La ville est morte, les gens s'entassent à l'aéroport et certains locaux deviennent agressifs avec les Européens, pensant qu'on a le virus», s'inquiète-t-elle.

Mardi après-midi, en conférence de presse, Hans-Peter Lenz, chef du centre de gestion des crises du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), a rappelé que chaque voyageur est responsable de se débrouiller seul, mais que la Confédération peut apporter son aide (lire encadré). Dans le cas du Maroc, où plusieurs centaines de Suisses sont concernés, des efforts diplomatiques ont été entrepris et cinq avions charters devaient pouvoir décoller en direction de la Suisse mardi. Chloé a pu embarquer à bord de l'un d'eux, en fin d'après-midi.

Le continent américain se cloître

Autres latitudes, mêmes problèmes. Ludovic est parti avec un ami au Pérou le 1er mars, quand la situation était encore calme. Un vol de retour était prévu ce mardi matin, mais la fermeture des frontières lundi soir a tout chamboulé. «Depuis, on est confinés dans notre hôtel à Lima, sans possibilité de sortir! La situation devient compliquée. L'ambassade suisse ne peut rien faire pour nous et n'a pas prévu de rapatriement», dit-il.

Les Etats-Unis posent aussi des difficultés. C'est le cas pour Marion et Basil, des Vaudois qui ont décollé jeudi de Zurich, dernier jour avant la suspension des vols décrétée par le président américain, Donald Trump. Après des hésitations, ils sont partis pour Los Angeles. Depuis leur arrivée, les parcs, restaurants et magasins ferment progressivement. «Un peu comme en Suisse, mais avec quelques jours de retard», dit Marion. Face à l'annulation de nombreux vols, le couple a décidé de ne pas prendre de risques et est parvenu à changer ses billets de retour. Il s'envolera mercredi en direction de Londres, puis de la Suisse. A moins d'une surprise de dernière minute: «Tout peut changer tellement vite en 24 heures...»

Être rapatrié n'est pas un droit

Le DFAE rappelle qu'il n'existe pas, dans la loi suisse, de droit au rapatriement. Chaque voyageur est responsable de ses séjours à l'étranger. Même en situation de crise, et même si celle-ci n'était pas prévisible avant le départ, c'est à chacun de s'informer et de s'organiser. Ainsi, Hans-Peter Lenz a rappelé mardi que les vols affrétés pour ramener des Suisses chez eux étaient considérés comme des vols commerciaux: à chacun de réserver et de payer sa place. La Confédération apporte par contre son assistance et son aide diplomatique en cas de crise. L'ambassadeur de Suisse au Maroc, par exemple, a été très actif sur Twitter pour orienter les touristes suisses bloqués.

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