Actualisé 05.11.2018 à 17:31

FranceDes supermarchés vendent le carburant à prix coûtant

Les enseignes de la grande distribution Leclerc et Carrefour ont annoncé lundi vendre le carburant à prix coûtant en novembre dans leurs stations-services françaises, entendant tirer parti de la grogne montante des automobilistes contre la hausse des prix.

De nombreux automobilistes français ont exprimé leur mécontentement face à l'augmentation des prix des carburants. En un an, le prix du diesel à la pompe a progressé d'environ 23% et l'essence de 15%, mettant sous pression certains automobilistes, notamment ceux qui doivent se déplacer pour leur travail.

En signe de protestation, une mobilisation de grande ampleur est prévue le 17 novembre en France ainsi qu'en Belgique.

«Celui qui tire la croissance, c'est le consommateur. Aujourd'hui cette grogne est légitime», a déclaré le président du groupe Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, sur France Info. «C'est important commercialement de satisfaire nos clients mais c'est important aussi de donner un signal aux pouvoirs publics».

L'opération, initialement proposée lors du dernier week-end des vacances de la Toussaint, les 3 et 4 novembre, est donc prolongée par le 2e opérateur pétrolier en France à tout le mois de novembre dans les 684 stations-services de son réseau.

Son concurrent Carrefour propose une initiative similaire du 5 au 17 novembre, annoncée par des pages de publicité dans les journaux.

Les prix sont tirés vers le haut par l'envolée du prix du baril de brut, mais certains automobilistes pointent aussi le poids important des taxes sur le carburant.

Le gouvernement va de plus alourdir les taxes le 1er janvier dans le cadre de la transition écologique et la lutte contre le réchauffement climatique, afin de faire converger les taxes sur le diesel et celles sur l'essence, alors que le parc automobile français compte deux tiers de véhicules diesel, carburant actuellement moins cher à la pompe.

«J'assume parfaitement que la fiscalité due au diesel soit au niveau de celle de l'essence et je préfère la taxation du carburant à la taxation du travail», a déclaré à la presse Emmanuel Macron, tandis que le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire a insisté lundi: «Non, elle ne sera pas suspendue. On ne suspend pas la transition écologique, la conversion du parc automobile français, qui est nécessaire».

«J'entends parfaitement la grogne, le mécontentement parfois, la colère aussi qui peut s'exprimer, mais je dis aujourd'hui comme je l'ai toujours dit qu'il n'y a pas de solution magique au problème du dérèglement climatique», s'était justifié samedi le Premier ministre français Edouard Philippe depuis le Vietnam.

L'ampleur de la manifestation du 17 novembre est difficile à prévoir, mais d'ores et déjà, lundi, plus d'une centaine de poids lourds menaient des opérations escargots sur les principaux axes routiers de la région Champagne-Ardennes, dans le Nord-Est, pour protester contre la hausse des taxes appliquées sur certains carburants, a-t-on appris auprès des organisateurs. (afp)

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