Tremblement de terre de L'Aquila: Des survivants demandent l'intervention de Genève

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Tremblement de terre de L'AquilaDes survivants demandent l'intervention de Genève

Deux habitants de la région des Abruzzes, dévastée par un séisme au printemps dernier, s'insurgent contre le gouvernement italien. Une lettre de doléances à été remise cet après-midi au maire de Genève, Rémy Pagani, ainsi qu'au Conseil d'Etat.

par
tpi

La situation dans les Abruzzes serait toujours catastrophique. Selon le témoignage de Marco et Alessio, deux habitants de L'Aquila, les conditions de vie des réfugiés du tremblement de terre seraient exécrables et inacceptables. Le gouvernement fait preuve d'une «gestion scélérate de l'urgence», peut-on lire dans le courrier que les deux hommes adressent aux autorités genevoise.

C'est «au nom de l'engagement traditionnel genevois en faveur de la défense des droits de l'homme […], et au nom des droits inviolables de l'homme protégés par la Convention de Genève», que les deux citoyens de L'Aquila demandent aux élus du canton de la Ville et du canton d'intercéder auprès du gouvernement italien. Ils envisagent même de déposer une demande d'asile politique à Berne.

Une situation qui n'irait pas en s'améliorant

Une grande majorité des 40'000 personnes qui se sont retrouvées sans abris du jour au lendemain n'aurait toujours pas été relogée. Pire, l'état d'urgence serait toujours maintenu par Rome, cinq mois après le drame. Les 140 campements de tentes, qui abritent une partie des réfugiés, resteraient ainsi des zones où les libertés individuelles seraient bafouées.

Et le plus dur pourrait être encore à venir. L'hiver, rigoureux et précoce dans cette région de l'Italie, approche à grands pas. Mais les camps de réfugiés pourraient bientôt être démontés alors que la reconstruction des maisons seraient à peine commencée. Selon les deux témoins, le plan de reconstruction du gouvernement prévoit de reloger 18'000 personnes seulement, et pas avant le milieu de l'hiver. Les survivants de la catastrophe devraient donc être placés dans des hôtels et des casernes, «sans tenir compte de leurs besoins réels», s'insurgent Marco et Alessio.

Faire pression sur le gouvernement

Pour Elisa Banfi, présidente des Colonies libres italiennes de Genève qui soutiennent l'action des deux hommes, Rome se moque de ses concitoyens. Et aucun contre-pouvoir n'ose élever le ton face au gouvernement. «Certains droits individuels sont effectivements bafoués par l'Etat», regrette-t-elle. C'est pourquoi il faut en appeler à la solidarité internationale. Il faut «faire pression sur le gouvernement italien afin qu'il redonne la dignité perdue aux habitants» des Abruzzes, renchérissent Marco et Alessio dans leur courrier.

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