Actualisé 17.12.2008 à 17:39

Libre circulationDes syndicalistes combattent la «libre exploitation»

Le comité ouvrier contre la «libre exploitation des travailleurs» a fustigé mercredi la reconduction et l'extension de l'accord sur la libre circulation des personnes.

Au passage, il s'en est pris au musellement opéré par les grandes centrales syndicales.

Dans une organisation démocratique, c'est la base qui décide et donne un mandat aux dirigeants. Dans les grandes centrales syndicales comme USS et Unia, qui soutiennent la libre circulation, c'est l'inverse qui s'est produit, a assuré aux médias à Berne le syndicaliste Olivier Cottagnoud, membre du comité. Un secrétaire syndical d'Unia, sceptique face aux accords, a même dit craindre pour son emploi.

A vouloir à tout prix entrer dans l'Europe, les dirigeants syndicaux perdent de vue que le but réel de ces accords sur la libre circulation est uniquement de baisser les salaires et de faire pression sur les conditions de travail des travailleurs, a déclaré Michel Gindrat, socialiste neuchâtelois et membre du Syndicat des services publics (SSP).

Selon une enquête du Secrétariat d'Etat à l'économie, les inspecteurs du travail ont constaté des abus lors de 26% des contrôles concernant les secteurs soumis à une convention collective de travail obligatoire. Et comme l'a rappelé l'USS elle- même, les amendes sont rares, voire impayées dans 20% des cas puisque les entreprises fautives ont quitté le territoire suisse entretemps, a relevé M. Gindrat.

Contexte aggravant

Avec le contexte économique actuel, la menace sur les conditions de travail n'en est que plus dangereuse, a-t-il averti. La campagne sera courte jusqu'à la votation fédérale agendée au 8 février.

D'ici là, le comité mobilisera par le biais de stands en janvier, de discussions et de contacts reposant sur ses liens avec le mouvement syndical. Un meeting public est prévu le 16 janvier à Genève. Interrogés sur leur budget de campagne, les membres du comité ouvrier ont ri, se bornant à indiquer «il est en constitution».

A ce jour, le comité qui réunit des syndicalistes, des socialistes et des militants d'organisations ouvrières a le soutien de 66 personnes. Elles viennent des cantons de Neuchâtel, Vaud, Valais, Genève, Berne, Jura et Zurich. Les soutiens d'Outre-Sarine arrivent tous les jours, a assuré M. Cottagnoud.

L'UDC prône également le non pour la votation. Pas question pour autant de faire campagne commune, a annoncé le comité ouvrier. Selon Michel Zimmermann du SSP Vaud, l'UDC est seulement contre l'extension de l'accord et ce uniquement pour des motifs xénophobes que le comité ne partage pas. (ats)

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