Actualisé 30.04.2020 à 12:10

Travail

Des syndicats combatifs s’allient pour hausser le ton

Plusieurs syndicats déçus des unions syndicales classiques se réunissent en une nouvelle entité baptisée Syndibasa.

de
Pauline Rumpf
L’Association romande des travailleurs de l’installation électrique, par exemple, fait partie des déçus des structures syndicales classiques.

L’Association romande des travailleurs de l’installation électrique, par exemple, fait partie des déçus des structures syndicales classiques.

DR

Le monde du syndicalisme se divise encore un peu. Plusieurs syndicats «de base» romands et alémaniques ont annoncé jeudi la création d’une nouvelle alliance baptisée Syndibasa. Elle se propose d’être une «alternative au syndicalisme institutionnel de paix du travail», pique à peine dissimulée envers Unia ou encore l’Union syndicale suisse (USS), qu’elle juge trop proche des partis et des institutions, voire même du patronat, et trop prompte au compromis. «Cela se fait au détriment de la santé et de la sécurité des travailleurs», estime par exemple Johnny Rumpf, du syndicat bernois FAU. Syndibasa prône donc un syndicalisme de lutte pour imposer ses revendications. «Finie la négociation de CCT sans mobilisation et sans construction de rapports de forces», annoncent ses membres.

Syndibasa regroupe SUD, le Syndicat autonome des postiers (SAP), l'Association romande des travailleurs de l'installation électrique (ART-IE) et trois entités alémaniques. L'alliance est ouverte à tous les collectifs et militants «qui partagent nos pratiques et nos objectifs de lutte», ajoutent-ils.

Surprise, l’Union syndicale suisse ne regrette ni se réjouit de ce nouveau venu. Elle défend toutefois son mode d’action, assumant d’«utiliser toute la gamme des outils à disposition, de la confrontation au compromis, tant que cela profite à nos membres, qui nous payent et que l’on représente», explique Benoît Gaillard, porte-parole de l’USS. Il estime que l’Union a fait ses preuves, que ce soit en rassemblant des dizaines de milliers de personnes pour des manifestations, ou lors de la récente crise en faisant bouger le Conseil fédéral sur l’extension du chômage partiel à des travailleurs plus précaires par exemple. Quant à la question de représenter «la base des travailleurs», Benoît Gaillard répond que «l’expression «syndicat de base» est un pléonasme, jamais un de nos syndicats ne signera un accord sans avoir consulté ses membres, donc sa base, non plus.»

Du côté d’Unia, on dit découvrir cette nouvelle faîtière avec intérêt. Les critiques éventuelles à l’égard de son mode d’action ne semble pas toucher le syndicat, qui assure «avoir prouvé à maintes reprises qu’il est un syndicat combatif et proche de la base».

(ATS)

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30 commentaires
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Hugo

02.05.2020 à 06:06

M, Maillard est un bon syndicaliste mais un très mauvais politicien. C’est certainement dû au principe de collégialité qui, contre nature, force un représentant de gauche à défendre des idées purement de droite. Comprenez vous pourquoi les politiciens suisses sont insipides ?

Jean Neymar

01.05.2020 à 09:44

Un syndicat ne s'intéresse qu'à ses profits. Encore une arnaque pour faire raquer le travailleur avec leurs cotisations. Un syndicat ne veut pas le bien-être du travailleur, car il n'aurait plus de raison d'exister sur le moyen et le long terme

tout sauf un mouton

01.05.2020 à 09:03

tous ses commentaires de moutons,je suis mort de rire. et les politiques que vous engraissé aussi.