Premières assises contre l'Homophobie: Des témoignages poignants sur la difficulté d'être différent
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Premières assises contre l'HomophobieDes témoignages poignants sur la difficulté d'être différent

Les Premières Assises contre l'homophobie ont débuté vendredi à Genève avec des témoignages forts de deux lesbiennes.

Une jeune femme a raconté le rejet scolaire et familial qu'elle a subi et une enseignante a évoqué ses peurs à parler de son homosexualité à l'école.

Thaïs, 20 ans aujourd'hui, encaisse sa première insulte homophobe à l'école primaire à 11 ans. Les moqueries et les ragots ne cesseront pas jusqu'à la fin de sa scolarité. En plus, un «coming-out» forcé la coupe de sa famille. Après quelques temps, c'est finalement le soutien de sa mère qui lui donne la force d'être moins touchée par le mépris des autres.

La jeune femme a raconté son parcours difficile, donnant le ton à ces Première Assises contre l'homophobie qui se tiennent à Genève vendredi et samedi. L'objectif de ce grand rassemblement est de réfléchir aux moyens de combattre plus efficacement les discriminations homophobes et d'apprendre à mieux vivre la diversité.

Dire la vérité

Le second témoignage est celui d'une enseignante à l'école primaire. Pendant sept ans, elle n'ose pas dire la vérité à ses élèves qui lui demandent si elle a un amoureux. Elle craint la réaction des parents, de ses collègues, de sa hiérarchie mais aussi les amalgames avec la pédopholie.

Finalement, elle arrive à la conclusion que le silence fait perdurer les tabous. Elle dit alors simplement la vérité à ses élèves, la peur au ventre. «Et c'est passé comme une lettre à la poste!». Applaudissements très nourris dans la salle.

Des critiques

Lors de cette première journée, la prévention contre l'homophobie en milieu scolaire était au centre des débats. Jean-Dominique Lormand, directeur du Service santé de la jeunesse, a expliqué l'approche du Département de l'instruction publique (DIP), qui mise sur le personnel éducatif pour faire passer le message. A priori, les associations ne rentrent pas dans les écoles, souligne-t-il.

Ce point de vue a été critiqué par de nombreux intervenants, souvent membres d'associations ou professionnels de la jeunesse. Beaucoup estiment que les témoignages sont plus efficaces pour lutter contre l'homophobie. Des projets pionniers en place à l'étranger ont aussi été présentés.

Volonté politique

Plusieurs personnalités ont répondu présent pour ce rendez-vous, dont Monica Bonfanti, la cheffe de la police genevoise, Charles Beer, conseiller d'Etat ou encore Sandrine Salerno et Manuel Tornare, conseillers administratifs. Des tables rondes et des ateliers permettront pendant ces deux jours de faire un état des lieux et de dégager des pistes pour mieux lutter contre l'homophobie.

Ces Assises ont été mises sur pied par la Fédération genevoise des associations lesbiennes, gays, bi et transsexuels (LGBT) en partenariat avec le canton et la Ville de Genève. Deux motions, la première adoptée au Conseil municipal et la seconde au Grand Conseil, ont permis d'insuffler une volonté politique forte pour concrétiser rapidement ces Assises.

(ats)

Soutien de candidats au Grand Conseil genevois

Sept candidats au Grand Conseil genevois ouvertement bi ou homosexuels sont soutenus par les associations lesbiennes, gays, bi et transexuelles (LGBT). Deux PDC, quatre Verts et une socialiste s'engagent pour défendre les droits des personnes LGBT. «C'est la deuxième fois qu'une telle initiative a été prise», a expliqué vendredi Didier Bonny, député PDC qui se représente. Il confirmait une information de la «Tribune de Genève».

Il explique prendre ainsi un certain risque politique qui pourrait lui valoir d'être biffé par des électeurs. Mais l'important pour lui est d'agir pour combattre l'homophobie. D'autre part, ce soutien des associations LGBT lui permet d'engranger des voix en dehors de son parti.

Didier Bonny est accompagné sur cette liste inofficielle par Jean- Philippe Terrier, PDC et membre de Pink Cross, Yves de Matteis, Vert et co-président de Pink Cross, Miguel Limpo, président des Verts de la Ville de Genève, Roberto Broggini, député Vert, Jacqueline Roiz, candidate Verte et Pablo Garcia, député socialiste et membre du comité de Dialogai. /ats

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