Actualisé 10.08.2007 à 17:14

Des tensions ont sugi lors de la jirga

Kaboul - L'atmosphère s'est échauffée vendredi lors de la deuxième journée de la «jirga de paix», réunissant des chefs tribaux, religieux et politiques d'Afghanistan et du Pakistan.

Dans le dossier des otages sud-coréens, des négociations directes ont débuté entre Séoul et les talibans.

A la «jirga de la paix», réunie à Kaboul, le député afghan Sardar Mohammad Rehman Ogholi a montré d'emblée du doigt le Pakistan. «Le fait que des terroristes se trouvent dans les zones tribales du Pakistan, personne ne peut le nier», a-t-il dit à la tribune.

Il faut exiger leur départ, a insisté le député. «S'ils ne partent pas, le Pakistan les saisira par une main, l'Afghanistan par l'autre et, ensemble, nous les jetterons au loin», a-t-il dit, sous les applaudissements de l'assemblée de quelque 700 personnes, majoritairement des hommes enturbannés selon leurs traditions régionales.

Plaidoyer anti-américain

L'ancien député pakistanais Malik Fazel Manaan Mohmand Kudakhel, un chef tribal du nord du pays, lui a renvoyé la balle en ne mâchant pas ses mots. Cette jirga ne réussira selon lui qu'en affrontant «le vrai problème», à savoir «la présence des troupes américaines et de l'OTAN, qui ont provoqué l'insécurité».

Ces gens d'Al-Qaïda, «d'où sont-ils venus? qui les a entraînés? qui leur a donné des armes? Bush et les Américains! Après avoir vaincu les Russes, maintenant il faut écarter les Américains pour sauver nos maisons», a-t-il affirmé.

Le chef du Parti National Awami (gauche pakistanaise), Mahmood Khan Achakzai, s'est quant à lui insurgé contre le cycle des violences engendré par la terreur des talibans et leurs alliés d'Al- Qaïda et des réponses militaires pakistanaises. «Il y a des quotas pour chasser les animaux sauvages mais il n'y en a pas pour les êtres humains», a-t-il clamé.

Le président pakistanais Pervez Musharraf a accepté de parler devant la «jirga» dimanche, au dernier jour de ses travaux.

Quelque 70 représentants tribaux et religieux pakistanais des zones frontalières du Waziristan du Nord et du Sud ainsi que des députés d'un parti radical pro-taliban ont boudé la réunion. Ils considèrent qu'elle n'a aucune chance de réussir en l'absence des talibans.

Négociations sur le sort des otages

Pendant ce temps, des négociations directes entre des émissaires de Séoul et des talibans sur le sort des 21 otages sud-coréens détenus depuis trois semaines en Afghanistan étaient pour la première fois en cours vendredi, ont annoncé les talibans et un haut responsable de la sécurité afghane.

«Aussi longtemps que les négociations dureront, les otages n'auront aucun problème», a déclaré un porte-parole des rebelles islamistes, sans préciser la durée des discussions. La rencontre se tient dans une zone contrôlée par le gouvernement, dans la province de Ghazni.

Un tel face à face est considéré comme le dernier espoir de sauver les otages, dont 16 femmes, entre les mains des rebelles puisque le gouvernement afghan a refusé de relâcher des combattants talibans emprisonnés. Les talibans ont menacé de tuer leurs otages si Kaboul refusait un échange de prisonniers.

Des talibans abattus

Sur le terrain, au moins 35 talibans, sept soldats et deux civils ont été tués dans différents accrochages à travers le pays. Un soldat britannique de l'OTAN a en outre été tué et un autre blessé.

Au Pakistan, l'armée recherche par ailleurs seize soldats enlevés jeudi - sans revendications pour l'heure - dans les zones tribales frontalières avec l'Afghanistan.

(ats)

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