Humains et animaux cobayes: Des tests réalisés «depuis des années»
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Humains et animaux cobayesDes tests réalisés «depuis des années»

Volkswagen, BMW, Daimler et l'équipementier Bosch doivent faire face au scandale des tests de pollution.

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Les résultats 2019 du groupe Daimler ont été plombés par le scandale du Dieselgate. (Mardi 11 février 2020)

Les résultats 2019 du groupe Daimler ont été plombés par le scandale du Dieselgate. (Mardi 11 février 2020)

Keystone
Le gouvernement canadien a accusé lundi Volkswagen d'avoir sciemment importé au Canada des voitures qui ne respectaient pas les normes sur les émissions polluantes. (9 décembre 2019)

Le gouvernement canadien a accusé lundi Volkswagen d'avoir sciemment importé au Canada des voitures qui ne respectaient pas les normes sur les émissions polluantes. (9 décembre 2019)

AFP
Volkswagen affronte ses clients devant la justice allemande à partir de lundi. Le procès pourrait durer plusieurs années. (30 septembre 2019)

Volkswagen affronte ses clients devant la justice allemande à partir de lundi. Le procès pourrait durer plusieurs années. (30 septembre 2019)

AFP

Des tests pour mesurer l'impact de l'exposition aux gaz d'échappement sont effectués «depuis des années déjà» sur des personnes et des animaux aux Pays-Bas, ont révélé mardi des scientifiques néerlandais, en pleine controverse autour des constructeurs automobiles allemands.

L'Institut national pour la Santé publique et l'Environnement «RIVM est impliqué dans des recherches où des volontaires en bonne santé mais aussi malades, des patients qui sont sous traitements auprès de cardiologues, ont été exposés aux émanations diluées d'un moteur diesel» durant deux heures maximum par jour, a indiqué mardi à l'AFP le chercheur Flemming Cassee.

«Nous faisons cela depuis des années»

Il s'agit des émanations respirées chaque jour dans une ville animée ou près d'une autoroute, selon le spécialiste en toxicologie respiratoire et chercheur auprès du RIVM travaillant notamment sur mission du gouvernement néerlandais. «Nous faisons cela depuis des années et cela n'a rien d'extraordinaire», a-t-il souligné, affirmant que c'était le cas dans «divers pays».

Mais la différence avec l'expérience révélée en Allemagne, «commande de l'industrie à un organisme de recherche privé», est que «tout est public», avec à l'esprit «ce que nous faisons, comment nous le faisons et ce qui en ressort».

Deux affaires

Volkswagen, BMW, Daimler et l'équipementier Bosch affrontent deux affaires distinctes mais révélées quasi-simultanément, impliquant toutes deux un organisme de recherche qu'ils finançaient, l'EUGT, fermé depuis un an.

Le premier scandale, dévoilé par le New York Times, porte sur des tests menés aux Etats-Unis sur dix singes en 2014, enfermés face à des dessins animés pendant qu'on leur faisait respirer la fumée émise par une Beetle, successeur de la Coccinelle, modèle phare de Volkswagen.

Un institut hospitalier d'Aix-la-Chapelle (ouest de l'Allemagne), mandaté par l'EUGT, a fait inhaler en 2013 et 2014 du dioxyde d'azote (NO2) à 25 personnes en bonne santé, à des concentrations variées, ont révélé lundi les journaux Stuttgarter Zeitung et Süddeutsche Zeitung.

Groupe de volontaires

Aux Pays-Bas, la chercheuse Nicole Janssen a également mené pour le RIVM entre 2010 et 2015 une large recherche sur la pollution de l'air, exposant aux gaz d'échappement un groupe de volontaires près d'une autoroute fortement fréquentée et un autre dans le centre de Rotterdam (ouest), d'après le journal de référence NRC.

«J'en ai moi-même aussi fait pour le RIVM. Parfois avec des souris ou des rats et oui, aussi parfois avec des gens», a rapporté Paul Borm, professeur en toxicologie, cité par la radio-télévision publique NOS.

Diverses méthodes

Ces recherches toxicologiques sont soumises à des directives strictes et chaque expérience doit passer devant un comité de contrôle médico-éthique, a souligné M. Cassee. Il en va de même pour les tests sur animaux, d'abord présentés devant une instance du bien-être animal.

La plupart du temps, a précisé M. Cassee, les études emploient une combinaison de méthodes, avec des tests effectués sur des animaux, des cellules souches et des êtres humains, qui sont de loin les plus «pertinents» quand il s'agit de protéger l'homme, dit-il. (nxp/afp)

Réactions

La Commission européenne s'est dite «choquée» mardi par la révélation de tests d'émissions polluantes visant des singes et des humains dans l'industrie automobile allemande.

«Nous sommes choqués par ces nouvelles comme n'importe qui d'autre», a dit le porte-parole de l'exécutif européen, interrogé par la presse. «Nous prenons note du fait que les autorités allemandes visent à enquêter sur ce sujet et nous espérons qu'elles le feront», a-t-il ajouté.

(NewsXpress)

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