Vaud: Des têtards fluo pour vérifier la qualité de l'eau
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VaudDes têtards fluo pour vérifier la qualité de l'eau

La Ville de Lausanne utilise actuellement des larves de grenouilles pour déceler d'éventuelles pollutions chimiques.

par
Frédéric Nejad Toulami
Des larves de grenouilles génétiquement modifiées sont plongées dans des échantillons d'eau analysée, afin de voir si elles réagissent à des perturbateurs endocriniens.

Des larves de grenouilles génétiquement modifiées sont plongées dans des échantillons d'eau analysée, afin de voir si elles réagissent à des perturbateurs endocriniens.

Service lausannois de l'eau

La méthode, développée par une start-up française, est une première en Suisse. Utiliser des têtards, auxquels on a rajouté un gène, afin qu'ils réagissent à des résidus de médicaments présents dans l'eau en devenant alors fluorescents. Révélée mardi matin sur les ondes de La Première, cette expérience est menée par le Service de l'eau à Lausanne, qui s'est procuré une machine et des cartouches spéciales contenant ces larves de batraciens génétiquement modifiés. On analyse ainsi en laboratoire de l'eau prélevée à la station d'épuration (STEP) de Vidy, ainsi que dans les usines d'eau potable de Lutry et de Saint-Sulpice.

Les premiers tests réalisés à Lausanne démontrent que les eaux usées qui arrivent à la STEP comportent des micro-polluants issus de résidus de médicaments (lire encadré) car les têtards réagissent en brillant sous une lumière spéciale. «Les analyses classiques sont coûteuses et surtout longues, explique Christophe Mechouk, chef de la division au Service communal de l'eau. Or, si on décèle quelque chose, il est déjà trop tard pour agir, alors qu'avec ce nouveau procédé, on obtient rapidement un seuil de détection élevé.»

Les Services industriels du canton de Genève testeront à leur tour cette technique «dans le courant de l'année prochaine», confirme leur porte-parole Elise Kerchenbaum. Ils étudieront les analyses obtenues sur plusieurs saisons et la méthodologie du Service lausannois de l'eau, qui leur mettra à disposition également leur matériel acquis pour ce programme pionnier en Suisse. L'institut fédéral en science aquatique, à Zurich, serait aussi très intéressé par ce procédé testé dans la capitale vaudoise.

Améliorer la qualité

Par cette méthode, la Ville de Lausanne cherche à mieux contrôler la présence de perturbateurs endocriniens dans l'eau qu'elle distribue et dans celle qu'elle rejette à la sortie de la STEP. Or, des traces de divers médicaments dans l'eau que nous buvons, ou dans laquelle nous nous baignons, ont des effets négatifs sur la santé des humains en perturbant le fonctionnement de leurs organes. «Lausanne a un programme d'investissement pour le traitement de l'eau, précise Christophe Mechouk. L'outil de biosurveillance testé, appelé FrogBox, sera utilisé en continu sur les installations du Service de l'eau pour mieux appréhender la problématique des perturbateurs endocriniens.»

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