Des Tibétains protestent contre la détention d'un partisan du Dalaï Lama
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Des Tibétains protestent contre la détention d'un partisan du Dalaï Lama

PEKIN - Agitation inhabituelle dans l'ouest de la Chine.

Plusieurs dizaines de Tibétains ont manifesté à Lithang, dans la province de Sichuan, pour protester contre l'arrestation d'un homme qui avait demandé publiquement le retour du Dalaï Lama.

Des renforts militaires et de police ont été dépêchés dans cette ville où vivent de nombreux tibétains, après l'incident qui s'est déroulé mercredi au cours d'une foire équestre annuelle, ont annoncé vendredi Radio Free Asia (RFA), la radio financée par les Etats-Unis, et l'organisation Internationale Campaign for Tibet (Campagne internationale pour le Tibet).

Selon ces deux organismes, un habitant, Runggye Adak, a été arrêté quand il a grimpé sur une estrade érigée par les autorités chinoises où il s'est saisi d'un micro pour demander à la foule si elle voulait le retour du chef spirituel tibétain. D'autres habitants ont demandé à la police de le relâcher, incitant les policiers à tirer des coups de semonce pour disperser la foule devant le centre de détention.

L'agence officielle Chine Nouvelle a confirmé vendredi soir que Runggye Adak avait été arrêté pour «incitation à la séparation des nationalités».

«Des sources policières ont dit qu'elles allaient s'occuper du cas de Runggye Adak, dont les mots et les actes étaient destinés à séparer le pays, à faire du tort à l'unité nationale, et qui a troublé l'ordre public, selon la loi», ajoute Chine Nouvelle. D'après l'agence de presse, cet homme a notamment crié: «Indépendance pour le Tibet».

Selon RFA, quelque 200 Tibétains ont été interpellés et placés en garde à vue suite à la manifestation, mais on ignorait encore vendredi si certains d'entre eux ont été remis en liberté.

Chine Nouvelle n'a pas fait état d'arrestations supplémentaires, mais elle a signalé qu'environ 200 manifestants s'étaient rassemblés devant la prison pour demander la libération de Runggye Adak, et qu'ils s'étaient dispersés jeudi.

Vendredi, Pékin a affirmé que seul le gouvernement communiste avait le droit de reconnaître les réincarnations des lamas tibétains. Toutes les futures incarnations de bouddhas vivants, relatives au bouddhisme tibétain, «doivent obtenir l'approbation du gouvernement», a fait savoir Chine Nouvelle, citant l'Administration d'Etat des affaires religieuses.

Les lamas réincarnés, connus sous le nom de tulkus, dirigent souvent les communautés religieuses et supervisent la formation des moines, ce qui leur donne une influence énorme sur la vie religieuse au Tibet.

Aujourd'hui âgé de 71 ans, le Dalaï Lama a fui le Tibet vers l'Inde où il vit en exil depuis 1959 après un soulèvement raté contre le pouvoir chinois. Malgré les très nombreuses tentatives pour le diaboliser, le chef religieux bouddhiste, qui s'est vu décerner le prix Nobel de la Paix en 1989, jouit encore du soutien inconditionnel de très nombreux Tibétains.

(ap)

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