Actualisé 08.04.2017 à 21:12

FranceDes tonnes d'armes et explosifs de l'ETA trouvés

La liste fournie par l'ETA à la France a permis de retrouver samedi «près de 3,5 tonnes d'armes et d'explosifs».

La police sur les lieux d'une des caches de l'ETA.

La police sur les lieux d'une des caches de l'ETA.

AFP

Des centaines d'armes et plusieurs centaines de kilos d'explosifs ont été découverts en France après que l'organisation séparatiste basque espagnole a fourni une liste de huit caches.

Un geste dans le cadre du «désarmement» annoncé par l'organisation séparatiste basque et salué comme un «grand pas» par la France, mais jugé insuffisant par l'Espagne.

L'organisation clandestine, qui a renoncé en 2011 à la lutte armée, avait fourni samedi cette liste de huit caches d'armes et d'explosifs, situées dans le département français des Pyrénées-Atlantiques, frontalier de l'Espagne, selon des sources proches du dossier. La France, et plus particulièrement la région du Sud-Ouest, ont historiquement servi de «base arrière» à l'ETA. Après s'être rendues sur place, les autorités ont retrouvé «près de 3,5 tonnes d'armes, explosifs et matériels nécessaires à la fabrication d'engins explosifs», a annoncé le Premier ministre français Bernard Cazeneuve qui s'est «félicité de cette opération, menée dans le calme et sans violence».

«Grand pas»

La tonalité était la même un peu plus tôt samedi, lorsque le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl a salué «un grand pas» et «un jour incontestablement important», en rendant également hommage aux victimes de l'ETA.

En revanche, à Madrid, la tonalité est toute autre et c'est la première fois que l'Espagne et la France ne sont pas sur la même longueur d'ondes sur ce dossier: l'ETA doit «annoncer sa dissolution définitive, demander pardon à ses victimes et disparaître, au lieu de monter des opérations médiatiques pour dissimuler sa défaite», a sèchement commenté le gouvernement espagnol dans un communiqué.

Le président du gouvernement, Mariano Rajoy, a déclaré que «l'ETA a fait une énième annonce de désarmement (...) cela se fera en échange de rien». «Les actions entreprises aujourd'hui par le groupe terroriste ne sont rien de plus que le résultat de sa défaite définitive», a estimé de son côté le ministre de l'Intérieur, Juan Ignacio Zoido, devant des journalistes à Madrid.

En 43 ans, les attentats de l'ETA perpétrés au nom de la lutte pour l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre ont fait 829 morts, selon les autorités.

Faire «parler» ces armes

Les forces de l'ordre doivent à présent s'assurer que ces caches correspondent à ce qu'elles savent de l'arsenal du mouvement clandestin. Les experts en balistique et la justice devront ensuite faire «parler» ces armes.

«Les produits dangereux seront détruits. Armes et matériels vont être expertisés sous l'autorité de la justice qui travaillera, comme toujours, en étroite collaboration avec la justice espagnole afin de vérifier si les éléments recueillis peuvent aider à résoudre des affaires toujours en cours», a précisé le Premier ministre français.

La Commission internationale de vérification (CIV), une structure indépendante qui oeuvre à la solution du conflit basque mais n'est reconnue ni par Madrid ni par Paris, a remis cette liste de caches samedi matin au procureur de Bayonne, Samuel Vuelta Simon.

Mouvement «à l'agonie»

L'ETA (Euskadi ta Askatasuna, Pays Basque et Liberté) reste classée comme une «organisation terroriste» par l'Union européenne (UE). Elle avait annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi, dans un communiqué à la BBC, son «désarmement total» pour samedi.

D'après des experts de la lutte antiterroriste, l'ETA est «à l'agonie et le mouvement clandestin compterait tout au plus encore une trentaine de membres». Selon un expert du conflit basque, Jean Chalvidant, l'ETA a mis en scène un «show» pour redorer une «image désastreuse», alors qu'elle «se sait vaincue».

Mobilisation à Bayonne

L'ETA est née en 1959 dans la lutte contre le franquisme. Elle a renoncé en octobre 2011 à la lutte armée après 43 ans de violences au nom de l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre. Mais elle refusait son désarmement et sa dissolution exigés par Madrid et Paris, réclamant une négociation sur ses membres détenus.

En marge de l'opération de «désarmement», un «grand rassemblement populaire» a eu lieu samedi après-midi à Bayonne sur le thème «Nous sommes tous et toutes des artisans de la paix».

Selon la police, 6000 à 7000 personnes, dont une majorité venues du Pays Basque espagnol, ont participé à ce rassemblement aux cris de «Independentzia» («Indépendance»). (nxp/afp)

(NewsXpress)

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