Actualisé 04.07.2013 à 12:46

Tennis - Wimbledon

Des trouble-fête de taille

Juan Martin Del Potro (No 8) et Jerzy Janowicz (No 24) peuvent déjouer encore une fois les pronostics vendredi en demi-finales d'une édition 2013 de Wimbledon jusqu'ici renversante.

Adversaires respectifs de Novak Djokovic (No 1) et Andy Murray (No 2), l'Argentin (1m98) et le Polonais (2m03) sont de taille à gâcher la fête que tout le monde attend dimanche.

Vainqueur en trois sets de ses cinq premiers matches, Juan Martin Del Potro est sur le papier le plus à même de bouleverser la hiérarchie. La «Tour de Tandil» possède cette expérience irremplaçable: il a déjà goûté à un sacre majeur, à New York en 2009, où il était venu à bout en cinq sets de Roger Federer en finale alors qu'il n'avait que 20 ans. Son phénoménal coup droit et sa lourde première balle de service peuvent lui permettre d'aller loin.

No 4 mondial en janvier 2010, Juan Martin Del Potro a vu sa progression freinée par une blessure récurrente au poignet droit qui l'avait notamment tenu éloigné des courts pendant huit mois en 2010. Ces ennuis appartiennent au passé, et l'Argentin a retrouvé un rang digne de son talent alors qu'il avait chuté à la 485e place à la fin janvier 2011. Mais il n'abordera pas sa demi-finale dans les meilleures dispositions.

Deux succès qui comptent

Forfait pour Roland-Garros en raison de problèmes respiratoires, Juan Martin Del Potro doit composer avec un genou gauche meurtri par deux chutes, survenues samedi dans son 3e tour et surtout mercredi. Il glissait dès le cinquième point du quart de finale qui l'opposait à David Ferrer (No 4), se tordant alors le genou gauche. Un abandon semblait inévitable, mais il retrouvait rapidement ses sensations pour rendre finalement une copie parfaite.

Juan Martin Del Potro a largement les moyens de priver Novak Djokovic (26 ans) d'une deuxième finale à Wimbledon, deux ans après un sacre qui avait permis au Serbe de s'emparer de la 1re place mondiale. Il affiche certes un bilan clairement négatif face au Serbe, vainqueur de 8 de leurs 11 précédents affrontements. Il reste sur un lourd revers en Grand Chelem, en quart de finale du dernier US Open (6-2 7-6 6-4).

«Delpo» a néanmoins fêté deux succès marquants au cours des douze derniers mois. Il a enlevé leur plus récent face-à-face, en mars en demi-finale du Masters 1000 d'Indian Wells (4-6 6-4 6-4). Il s'est surtout adjugé leur unique duel livré sur gazon, lors du tournoi olympique de Londres, alors que la médaille de bronze était en jeu (7-5 6-4). L'Argentin n'abordait pourtant pas ce match dans les meilleures dispositions, lui qui s'était incliné 19-17 dans le troisième set de la demi-finale disputée face à Roger Federer 48 heures plus tôt.

Une revanche à prendre

Jerzy Janowicz ne possède pas (encore?) le pedigree des trois autres demi-finalistes. A 22 ans, le Polonais découvre ce stade de la compétition pour sa cinquième apparition dans un tournoi majeur. Il a remporté mercredi face à son compatriote Lukasz Kubot (ATP 130) le 40e match de sa carrière sur le circuit principal, alors que Novak Djokovic en est déjà à 38 succès en cette année 2013...

A l'image de Juan Martin Del Potro, Jerzy Janowicz possède un service - il a armé 60 aces dans ses deux derniers matches - et un coup droit redoutables. A cela s'ajoutent une capacité à pratiquer un jeu varié, même s'il a parfois tendance à abuser des amorties, et une énorme rage de vaincre. La manière avec laquelle il avait déchiré son T-shirt après une victoire face à Jo-Wilfried Tsonga le 15 mai à Rome est là pour le prouver.

Battu en trois sets par Andy Murray (26 ans) en Coupe Davis en 2009 pour leur premier duel, Jerzy Janowicz a rectifié le tir l'automne dernier au cours de son improbable parcours à Paris-Bercy. Le joueur de Lodz se hissait en finale du Masters 1000 parisien après être sorti des qualifications, battant le Britannique en 8e de finale en écartant une balle de match au passage (5-7 7-6 6-2). Le moral gonflé à bloc, il évoluera sans pression négative vendredi.

A l'inverse, Andy Murray doit supporter le poids des espoirs de tout un royaume, qui attend depuis 1936 le sacre d'un Britannique en simple messieurs à Wimbledon. L'Ecossais a franchi un premier palier en 2012, s'imposant sur le gazon londonien lors des JO avant de conquérir un premier titre majeur à New York. Peut-il toucher au Graal, lui qui n'a rassuré personne dans un quart de finale remporté en cinq sets face à Fernando Verdasco (ATP 54) ? (ats)

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