Futur Parlement vaudois : Des tuiles de terre cuite pour «Rosebud»
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Futur Parlement vaudois Des tuiles de terre cuite pour «Rosebud»

Le Conseil d'Etat vaudois remanie «Rosebud», son projet de Parlement cantonal: des tuiles en terre cuite pourraient remplacer le toit gris en inox étamé qui avait suscité de nombreuses critiques.

La version remaniée de «Rosebud», le futur Parlement vaudois, a été présentée mardi. Le toit sera couvert de tuiles en terre cuite et son volume sera réduit d'un tiers. Le maintien du vote du 3 mars dépendra du Grand Conseil, dont la décision est attendue cette année encore.

L'évolution du projet a été détaillée par le chef du Département des finances Pascal Broulis, chargé des constructions publiques. La nécessité de construire un parlement moderne n'était pas contestée par les référendaires qui ont réuni 16'300 signatures, a rappelé M. Broulis. Leurs critiques se focalisaient sur le toit, jugé trop imposant et mal intégré dans le cadre historique de la Cité.

En concertation avec le Bureau du parlement, le gouvernement a choisi de modifier le projet pour améliorer l'intégration de «Rosebud» dans son environnement. «Il faut savoir écouter et faire preuve de pragmatisme», a commenté le conseiller d'Etat.

Le métal gris abandonné

«Nous avons revu ce qui pouvait l'être», a expliqué à la presse l'architecte Marc Collomb. Le toit de forme irrégulière en inox étamé gris laisse la place à quatre pans symétriques recouverts de tuiles. Le volume de la coiffe est réduit de 30% grâce à l'abandon du captage solaire passif qui exigeait un revêtement métallique, et grâce au déplacement des locaux techniques prévus dans le toit.

Ces installations prendront place en sous-sol, sous le vestibule. Cette option permettra de solidifier les fondations du portique d'entrée, qui a survécu à l'incendie de mai 2002. Construit sur du sable et privé du soutien du bâtiment principal, il menace de s'effondrer. Le pavement en galet du vestibule, qui est classé, sera prélevé puis remis, a précisé l'architecte.

Projet pas dénaturé

L'essentiel du projet est préservé, a estimé Marc Collomb. La volumétrie intérieure du toit et de la salle sont les mêmes. L'hémicycle bénéficiera toujours d'une ventilation par convection, d'un éclairage zénithal et d'une acoustique «soignée» grâce à son revêtement de bois.

La question a son importance car «Rosebud» a été choisi à l'issue d'un concours d'architecture international. Les modifications ne devaient pas dénaturer le projet, au risque de devoir reprendre la procédure à zéro, ce qui aurait retardé encore la réalisation du nouvel édifice.

Or, tant le Conseil d'Etat que le Grand Conseil veulent aller de l'avant. Le Parlement se prononcera d'ici la fin de l'année sur la procédure à adopter.

Deux procédures à choix

Deux possibilités s'offrent aux députés: d'une part, abroger le crédit d'ouvrage de 15,57 millions de francs voté en juin. Ils le remplaceraient dans la foulée par un nouveau décret de 17 millions pour le projet modifié. Le vote prévu le 3 mars serait alors annulé, le texte attaqué n'existant plus.

Pour que le projet soit soumis aux Vaudois, les mécontents devraient faire aboutir un nouveau référendum. Ce point pourrait prêter à contestation d'un point de vue juridique, a averti Pascal Broulis.

L'autre variante consiste à maintenir le crédit voté en juin et à voter un crédit additionnel de 1,4 million pour les surcoûts induits par les modifications. Le scrutin du 3 mars serait maintenu, la brochure détaillant les modifications du projet depuis l'aboutissement du référendum. «Cette solution est la plus démocratique et la plus solide juridiquement», estime M. Broulis.

(ats)

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