Actualisé 30.03.2020 à 19:42

Coronavirus en Chine

Des urnes funéraires par milliers: Pékin a-t-il menti?

La Chine a-t-elle volontairement minimisé le nombre de victimes du coronavirus? Les longues files d'attente devant les maisons funéraires et les acheminements massifs d'urnes sèment le trouble.

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Les doutes, et la polémique qui les accompagnent, sont en train de prendre de l'ampleur. La Chine a-t-elle volontairement minimisé le nombre de personnes ayant succombé au coronavirus dans le pays? Épicentre de la crise sanitaire, la province de Wuhan déplore officiellement 3186 décès, et il y en a 3304 au total dans toute la Chine. Des chiffres déjà largement dépassés en Italie et en Espagne, où le nombre de morts s'élevait lundi matin à respectivement 10'779 et 7340 morts.

Alors que les restrictions liées au confinement ont commencé à être levées ces derniers jours à Wuhan, de nombreuses interrogations portent sur le réel nombre de décès liés au Covid-19, écrit «Le Parisien». Et des images publiées par un média économique chinois sèment le trouble. Ces photos montrent des files d'attente pouvant s'étendre jusqu'à 200 mètres devant des chambres funéraires de la ville. Les familles de ceux qui ont succombé au virus dans cette ville ont été autorisées à récupérer leurs cendres à partir de cette semaine. «Certaines familles ont déclaré qu'elles avaient été obligées d'attendre plusieurs heures pour les récupérer», écrit «Le Soir».

Un autre cliché montre plusieurs centaines de boîtes en carton empilées: selon Caixin, il s'agit de 3500 urnes funéraires, soit plus que le nombre de morts officiellement annoncé en Chine. D'après ce groupe de presse économique chinoise réputé libéral, plus de 6500 urnes ont été livrées à la ville de Wuhan ces deux dernières semaines, pour recueillir les cendres des victimes du Covid-19. AsiaNews parle même de 45'000 urnes bientôt acheminées. Les employés chargés de répondre au téléphone dans six des huit salons funéraires de Wuhan ont assuré qu'ils ne disposaient pas de données sur le nombre d'urnes en attente de collecte. Ils ont ajouté à Bloomberg qu'ils n'étaient pas autorisés à communiquer sur les chiffres.

Des dizaines de milliers de lignes téléphoniques auraient par ailleurs été résiliées, écrit Europe 1. Des doutes surgissent également quant à la date du début de l'épidémie. Elle aurait commencé dès le mois de novembre, voire déjà en septembre, alors que Pékin a affirmé à l'OMS que le premier cas de coronavirus sur son sol datait du 8 décembre. En outre, beaucoup de victimes n'ont jamais été hospitalisées ou même recensées par les autorités. Quoi qu'il en soit, la Chine souhaite passer à autre chose et mettre l'accent sur le retour à une vie normale.

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