Covid-19  - Des «vaccinés qui peuvent infecter», un refrain qui manque de nuance
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Covid-19 Des «vaccinés qui peuvent infecter», un refrain qui manque de nuance

L’OFSP estime qu’une phrase prononcée en conférence de presse a été mal comprise. Le débat sur l’infectiosité des personnes vaccinées n’est pas si tranché.

La Confédération s’efforce de contrer les fausses informations qui circulent parmi la population.

La Confédération s’efforce de contrer les fausses informations qui circulent parmi la population.

20min/Taddeo Cerletti

L’OFSP garde un oeil grand ouvert sur les discussions au sein de la population à propos de la pandémie. Comme le détaille la «Schweiz am Wochenende», il est même doté d’un logiciel qui identifie quelles «fake news» circulent sur internet afin d’en parler et de les contrer lors des différentes campagnes d’informations ou conférences de presse. Et, depuis quelques jours, un thème revient: «les vaccinés peuvent transmettre la maladie autant que les non-vaccinés».

«Qui est le plus dangereux?»

L’assertion est répétée tel un refrain par les sceptiques du vaccin, y voyant là une preuve que celui-ci est inutile. Pour certains, c’est peut-être même encore plus risqué, comme le déclare le président de GastroSuisse Casimir Platzner à nos collègues de «20 Minuten»: «qui est le plus dangereux? La personne non-vaccinée qui s’est fait tester récemment, ou la personne vaccinée qui ne sait pas qu’elle a peut-être le virus et peut le transmettre?»

Les regards se tournent notamment vers la dernière conférence de presse de l’OFSP, mardi dernier. Virginie Masserey, cheffe de la section Contrôle des infections, mentionnait les désormais fameuses données des Centers for Disease Control (CDC) américains, qui indiquaient que les personnes contaminées, qu’elles soient vaccinées ou non, pouvaient transmettre le virus à un niveau équivalent.

80 fois plus de risques

Par un inéluctable processus de simplification dans les esprits, l’affirmation est devenue, chez de nombreuses personnes «les vaccinés transmettent autant que les non-vaccinés», en éludant le fait que les personnes vaccinées sont largement moins susceptibles d’être infectées au départ, et donc infectieuses, comme le montraient cette semaine encore des données publiées par le Canton de Vaud, qui indiquent que les non-vaccinés ont 80 fois plus de risques d’attraper le Covid.

Il n’empêche qu’il reste une part d’incertitude. Le médecin cantonal bâlois indique qu’il est «très peu probable que les personnes vaccinées soient aussi infectieuses que les personnes non-vaccinées», notamment car le vaccin empêche dans la très grande majorité des cas une infection, et que lorsque le virus parvient néanmoins à gagner la bataille, le corps se défend et la personne sera contagieuse moins longtemps.

Pas un fait établi

Interrogé, l’OFSP dit également que la phrase prononcée par Virginie Masserey a été mal comprise. Elle n’a pas établi l’assertion comme un fait établi, mais comme étant issue de données qui «semblent indiquer» l’équivalence du niveau d’infectiosité des vaccinés et non-vaccinés, et ce seulement s’ils sont infectés.

Retour de vacances, et ça repart

La «Schweiz am Wochenende» a sondé quelques cantons alémaniques concernant la prise de rendez-vous pour des vaccinations. L’hypothèse que certaines personnes attendaient d’être rentrées de vacances pour sauter le pas semble prendre corps. «Nous avons constaté, depuis le début de la semaine, que le nombre de prises de rendez-vous dans nos deux centres cantonaux augmente à nouveau», déclare le Canton de Lucerne. Le Canton de Berne s’attend également à ce que le nombre de vaccinations reparte à la hausse. Les autres grands cantons ne peuvent se prononcer. Zurich ne s’attend pas à une forte hausse, et le canton d’Argovie, où la rentrée scolaire est déjà ce lundi qui vient, ne s’essaie pas à des pronostics: la majorité des vaccinations se font désormais de façon spontanée et sans prise de rendez-vous préalable.

(ywe)

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