Suisse Romande: Des vignerons romands créent la Rolls des vins
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Suisse RomandeDes vignerons romands créent la Rolls des vins

La série des opérations «Caves ouvertes» en Suisse romande va se clore samedi en campagne genevoise. Quatre vignerons ont décidé de faire sauter le bouchon des rivalités cantonales.

par
Grégoire Corthay
Philippe Bovet de Givrins (VD), Christophe Jacquod de Bramois (VS), Guy Cousin de Concise (VD), Stéphane Gros de Dardagny (GE) et le chef Olivier Martin, de Bogis-Bossey (VD).

Philippe Bovet de Givrins (VD), Christophe Jacquod de Bramois (VS), Guy Cousin de Concise (VD), Stéphane Gros de Dardagny (GE) et le chef Olivier Martin, de Bogis-Bossey (VD).

Hier (jeudi) soir, à l'Auberge communale de Bogis-Bossey (VD), chez le chef Olivier Martin, les vignerons-encaveurs Stéphane Gros de Dardagny (GE). Philippe Bovet de Givrins (VD), Guy Cousin de Concise (VD) et Christophe Jacquod de Bramois (VS) ont présenté «Les 4 éléments».

«Il s'agit du premier vin intercantonal! Son concept a été de réunir dans un assemblage de blancs et dans un assemblage de rouges la quintessence de ce que produisent quatre domaines viticoles implantés sur quatre terroirs romands différents» explique Stéphane Gros, 37 ans. «La viticulture souffre à tort d'un fort esprit de clocher, avec «Les 4 éléments» nous voulons montrer qu'en Suisse, nous sommes complémentaires et pas concurrents» martèle le Genevois en croisade pour promouvoir la qualité de l'ensemble des vignobles du pays.

«Pour élaborer ces assemblages, chacun a apporté ce qu'il pensait être intéressant de sa propre production, parfois déjà des assemblages, souligne Christophe Jacquod, 40 ans. Pour moi, cela a notamment été l'occasion de travailler avec des blancs et des rouges phénoménaux que nous n'avons pas en Valais. Le résultat est tout bonnement exceptionnel».

«Producteur à Concise dans la régions des Trois-Lacs et bien que Vaudois, je représente un peu le côté neuchâtelois des «Les 4 éléments». Ce qui m'a attiré dans ce projet? C'est le plaisir de travailler avec des amis d'autres terroirs sur un concept innovant et de pouvoir partager nos connaissances. Ceux qui se bornent à défendre aveuglément la qualité de leur seul terroir se coupent du plaisir de l'oenologie» commente, pour la part, Guy Cousin, 31 ans,

Et Philippe Bovet, 41 ans, de compléter: «Ces assemblages sont le fruit d'une rencontre entre amis amoureux de leur métier, de passionnés. Avec «Les 4 éléments», nous voulons aussi démontrer que ce n'est pas forcément l'origine qui fait le bon vin».

Mais que contient exactement ces deux nectars? «C'est un secret! On ne souhaite pas dévoiler la composition des assemblages. Notre seule ambition est que les gens qui les goûtent aient autant de plaisir à les boire que nous avons eu à les faire. On n'est pas des magiciens ou des alchimistes, nous sommes juste des vignerons!» botte en touche Stéphane Gros. Il précise que le concept sera reconduit l'an prochain. «Nos assemblages n'auront rien à voir d'une année à l'autre» souligne-t-il. Jeudi après-midi, les quatre amis travaillaient d'ailleurs déjà sur leur prochain assemblage de blancs.

Et que valent ces assemblages? A entendre les spécialistes conviés jeudi soir, quelque peu déstabilisés de ne pas savoir exactement quels cépages ils buvaient, le pari est réussi. Au final «Les 4 éléments» proposent des vins de garde puissants (14,5%) aux qualités gustatives qui font l'unanimité. 700 magnums de 1,5l, dont l'étiquette a été sérigraphiée sur le verre de la bouteille, ont été produit pour chaque assemblage. Pour l'heure, ils ne pourront être déguster qu'à «L'Auberge de Bogis-Bossey». Un coffret de deux magnums (un blanc un rouge) devrait ensuite être commercialisé pour 140 francs. Le prix à payer pour découvrir des vins romands d'exception.

La Cave de Genève mise sur l’écologie

Renoncer au verre pour être plus vert! En marge des «Caves ouvertes», la société viticole basée à Satigny annonce la sortie d’un assemblage de «Nobles Cépages Rouges de Genève» de grande qualité, lovés dans un conditionnement peu courant et en plein essor: le Bag-in-Box (dit «BIB»). Cette «fontaine à vin» est constituée d’un carton rectangulaire contenant une poche hermétiquement fermée par un robinet étanche. Elle offre 300 cl (l’équivalent du volume d’un jéroboam ou de 4 bouteilles de 75cl) d’un assemblage de Gamaret, Merlot et Cabernet Franc.

Grâce au progrès technique de ces dernières années, un vide d’air permanent protège le vin de toute altération pendant 6 semaines au moins après l’ouverture du BIB. L’autre intérêt du Bag-in-Box, c’est son impact positif sur l’environnement, souligne la Cave de Genève.

Selon une récente étude de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), la production, le transport et le recyclage de BIB sont 10 fois moins polluants que pour des bouteilles! De plus, une fontaine à vin coûte le prix d’une seule bouteille vide, ne possède qu’une seule étiquette et ne comprend ni collerette ni bouchon. «En tant qu’acteur majeur du monde viticole genevois, nous devons être un moteur dans la voie de protection de la nature» relève Martin Wiederkehr, directeur de La Cave de Genève. Baptisé «Le Réformateur» (Genève AOC), cet assemblage dans un contenant original a été vinifié par l'œnologue Florian Barthassat, 35 ans. Il est commercialisé au prix de 58fr (soit l’équivalent de 14fr.50 la bouteille de 75cl). www.lacavedegeneve.ch

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