Actualisé 04.02.2009 à 09:48

Médecins Sans Frontières

«Des violences inqualifiables contre des civils continuent au Congo»

Devant l'intensité dse violences dirigées contre les populations civiles, MSF dénonce l'inaction de la force d'intervention des Nations Unies en RDC, pour les protéger.

Des dizaines de villages incendiés, des centaines de civils exécutés à l'arme blanche ou à coup de gourdin, de nombreux hommes, femmes et enfants kidnappés, le déchaînement de violence des rebelles ougandais de la Lord's Resistance Army (LRA) contre les habitants du Haut-Uélé continue.

Dans le nord-est de la République Démocratique du Congo depuis la période de Noël, ce sont plus de 50 villes et villages qui ont subi les attaques meurtrières de la Lord's Resistance Army. Les habitants qui le peuvent encore, n'ont d'autre recours que de fuir dans les forêts, pour échapper aux massacres. Il n'y a personne pour les protéger. Là, ils attendent en vain une assistance humanitaire qui ne vient pas, à cause de l'insécurité.

«Ils ont tué des enfants, des femmes, des veillards»

Les rares témoins directs confirment l'horreur des tueries. Un habitant de Batandé, près de Doruma a assisté le jour de Noël, impuissant, au massacre de ses proches: «Ils les éloignaient rapidement dans les herbes et les exécutaient systématiquement. Absolument personne ne fut épargné: enfants, nourrissons, femmes enceintes, vieillards, tous tués. Plus de 60 personnes.»

Selon MSF, d'autres «massacres vont se produire»

«Le constat que nous faisons, jour après jour sur le terrain, c'est que ces violences inqualifiables de la LRA contre les civils continuent, explique Marc Poncin, responsable à MSF de la mission en RDC. D'autres massacres vont se produire. La résolution 1856 du Conseil de Sécurité du 22 décembre dernier fait de la protection des civils la priorité de l'action des forces de paix des Nations Unies, précise le responsable de MSF. La MONUC doit prendre ses responsabilités et ne peut donc pas continuer à être ainsi absente auprès des habitants du Haut Uélé alors qu'ils se font systématiquement attaquer.»

Choquées par les violences extrêmes de la LRA, les équipes de MSF ne comprennent pas l'inaction des casques bleus pour protéger les habitants.

L'insécurité qui règne dans le district rend pratiquement impossible tout déploiement de l'assistance humanitaire en dehors de la ville de Dungu. Les risques d'attaques surprises sont trop importants. Les équipes médicales MSF se sont quand même rendues à plusieurs reprises, par avion, à Faradje, Doruma et Bangadi, afin de porter secours aux rescapés. Chaque fois elles n'ont pu rester que quelques heures, juste le temps de prendre en charge les blessés, lorsqu'elles n'arrivaient pas trop tard.

Alors que le nombre de personnes tuées lors de ces attaques avoisine aujourd'hui 900, les équipes MSF n'ont pu prendre en charge que 17 personnes blessées, toutes à l'arme blanche. «À Faradje, où nous sommes arrivés deux jours après l'attaque, confie Mathieu Bichet, le médecin de l'équipe, nous n'avons trouvé que quatre blessés. Ils étaient si gravement atteints qu'ils avaient certainement été laissés pour morts.» Dans cette ville, ce sont plus de 140 personnes qui ont été assassinées ce jour là.

(comm/dbe)

MSF dans la République Démocratique du Congo (RDC)

Dans le Haut Uélé, MSF est basée à Dungu. MSF organise des opérations de secours pour soigner ou référer les blessés à l’hôpital de Dungu, et soutient les structures de santé à Doruma, Bangadi, Faradje, Ngilima et Li-May. Des cliniques mobiles offrent des soins aux populations déplacées dans les environs de Dungu. L’équipe MSF est composée de 6 personnels internationaux et 25 personnels congolais.

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