Des violences torpillent la reprise du dialogue interpalestinien
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Des violences torpillent la reprise du dialogue interpalestinien

Gaza - Sept Palestiniens ont été tués lundi soir dans des affrontements entre les groupes rivaux du Hamas et du Fatah dans la bande de Gaza.

Ces violences ont tué dans l'oeuf une offre conditionnelle de dialogue du président palestinien Mahmoud Abbas.

Au moins deux partisans du Fatah, le parti de M. Abbas, un policier du Hamas et un sympathisant du mouvement islamiste ainsi qu'un garçon de douze ans figurent parmi les victimes des échanges de tirs de lundi soir, ont indiqué mardi des sources médicales et des témoins.

Les heurts, qui ont également fait 45 blessés, sont survenus alors que des activistes du Fatah célébraient, en bravant une interdiction décidée par la police du Hamas, le 43e anniversaire de lancement par leur mouvement de la résistance armée palestinienne.

La police du Hamas a en outre annoncé avoir arrêté des «dizaines» de membres du Fatah soupçonnés d'être impliqués dans les heurts.

Dialogue sous conditions

Les heurts ont éclaté peu après un appel lancé dans un discours depuis Ramallah par le président Abbas, chef du Fatah, à «ouvrir une nouvelle page» avec le Hamas à condition que le mouvement islamiste renonce au pouvoir dont il s'est emparé par la force dans la bande de Gaza en juin.

Il a aussi posé comme condition l'acceptation par le Hamas des résolutions internationales et de l'Intiative de paix arabe qui prévoit la normalisation entre les pays arabes et Israël en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés.

Refus du Hamas

Un des principaux chefs du Hamas, Mahmoud Zahar, a rejeté ces conditions mardi. «Nous sommes prêts à nous faire violence et à ouvrir une nouvelle page avec Abou Mazen (M. Abbas) et le Fatah dans l'intérêt du peuple palestinien», a-t-il dit, en jugeant «inacceptable» le dialogue «sous conditions préalables» proposé par M. Abbas.

Il a affirmé que M. Abbas «n'avait pas modifié sa position intransigeante» et que son discours était rempli d'»incitation» à la violence. «Cela a créé un climat propice aux émeutes et aux meurtres qui ont eu lieu hier soir», selon lui.

M. Zahar, dont le mouvement a remporté haut la main les dernières législatives en janvier 2006, a en outre «totalement» rejeté l'offre de M. Abbas d'organiser des élections anticipées pour sortir de la crise. (ats)

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