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FranceDes «voix» ont donné au forcené «l'ordre de tuer»

L'Afghan qui a tué une personne et en a blessé huit autres samedi près de Lyon a tenu des propos «confus» aux enquêteurs.

L'assaillant de Villeurbanne, un Afghan âgé d'une trentaine d'années, a reconnu «partiellement les faits» tout en tenant des propos «incohérents et confus» disant notamment avoir entendu des voix «lui donnant l'ordre de tuer», indique dimanche le procureur de la République de Lyon.

Bénéficiant d'une carte de séjour temporaire en France, il avait consommé une importante quantité de cannabis avant l'agression de samedi au cours de laquelle un Savoyard de 19 ans a été tué et huit personnes ont été blessées, a encore précisé Nicolas Jacquet lors d'une déclaration à la presse.

Dimanche après-midi, le pronostic vital de trois des victimes qui étaient entre la vie et la mort n'était plus engagé, a-t-il annoncé.

«En raison de la personnalité du mis en cause et en l'absence d'éléments permettant de rattacher directement son passage à l'acte à une entreprise terroriste», le parquet national antiterroriste (PNAT) n'est pas saisi «à ce stade», a indiqué le procureur de Lyon.

Evaluation psychiatrique

Lors de son audition, le suspect «indiquait être musulman et avoir entendu dans l'après-midi des voix insulter Dieu et lui donnant l'ordre de tuer», a-t-il encore déclaré. «Il pensait également avoir reconnu dans sa première victime un individu avec lequel il était en contentieux lors de son passage en Angleterre il y a quelques années. Disant avoir agi par vengeance, ses propos demeuraient incohérents et confus», a ajouté M. Jacquet.

Une première évaluation psychiatrique a été réalisée lors de sa garde à vue. Celle-ci a révélé «un état psychotique envahissant avec délires paranoïdes à thématiques multiples dont celles du mysticisme et de la religion», a détaillé le procureur.

Sur son parcours, l'homme est connu sous «deux identités avec trois dates de naissance», indiquant qu'il aurait 33, 31 ou 27 ans. Il est entré une première fois en France mineur, puis de nouveau en juin 2016. Il disposait d'une carte de séjour temporaire valable jusqu'à janvier 2020.

«Coups de couteau dans tous les sens»

Vers 16h30 samedi, le suspect armé d'un couteau et d'une fourche de barbecue «s'est mis à mettre des coups de couteau dans tous les sens» devant un arrêt du bus, selon le témoignage d'une jeune fille au débardeur taché de sang, interrogée par l'AFP peu après les faits.

Il a tué un jeune homme de 19 ans, blessé huit personnes. Et c'est grâce à l'intervention des passants et des agents TCL (les transports en commun lyonnais) qu'il a pu être appréhendé.

Le maire de Villeurbanne Jean-Paul Bret a salué le «courage» de ces «gens qui ont quand même pris leurs responsabilités».

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux et diffusée par de nombreuses chaînes de TV, on voit un homme à la peau mate, barbe noire courte, bien taillée, sweet capuche noir et baskets rouges avec une lame et une petite fourche dans une main discutant avec des hommes, avant de jeter ses armes puis s'accroupir à la sortie d'un ascenseur du métro.

Vives réactions politiques

De nombreux témoins ont été très choqués par la violence de la scène, selon les pompiers. La préfecture a mis en place dès samedi soir un centre d'accueil des victimes et de leurs familles dans une salle de la mairie du 8e arrondissement.

Dimanche matin, personne ne s'y était encore présenté mais plusieurs appels ont été reçus et traités par les agents de la Croix-Rouge, les pompiers et les représentants d'associations de victimes.

Les élus locaux n'ont cessé d'appeler à la prudence depuis samedi face à des motivations encore inconnues, l'élue d'opposition de Villeurbanne, Emmanuelle Haziza, appelant notamment à être «unis face à l'horreur».

«Les informations qu'on a à ce stade montreraient que c'est plutôt un acte isolé d'une personne qui était en recherche d'asile, venant d'un pays très éloigné de la France, l'Afghanistan, peut-être qui a vécu des choses terribles sur son voyage ou là-bas, et qui n'a peut-être pas supporté beaucoup de choses et qui rentre dans une crise de démence», a avancé Bruno Bonnell, député LREM du Rhône sur LCI.

A droite et à l'extrême-droite, la nationalité de l'auteur présumé n'a pas manqué de faire réagir. «La naïveté et le laxisme de notre politique migratoire menacent gravement la sécurité des Français!», a écrit la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen sur Twitter.

«Il y en a assez de faire preuve de mansuétude avec des fous qui ressemblent quand même beaucoup à des terroristes. Que la France demande à la justice afghane de régler elle-même le cas de son ressortissant!», estimait pour sa part Julien Aubert, candidat à la présidence de Les Républicains.

En mai, l'explosion d'un colis piégé en plein coeur de Lyon avait blessé 14 personnes, suscitant déjà une forte émotion dans la 3e ville de France, jusque là épargnée par la vague d'attentats djihadistes sans précédent (251 morts) qui frappe la France depuis 2015. Le suspect, un Algérien radicalisé de 24 ans ,a été mis en examen et écroué. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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