Actualisé 03.02.2018 à 06:39

Allemagne«Désaccords sérieux» en vue d'un gouvernement

La chancelière allemande Angela Merkel estime qu'il y a encore beaucoup à faire avant de trouver un accord de coalition.

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Le Bundestag allemand a élu mercredi Angela Merkel chancelière pour un quatrième mandat. La dirigeante conservatrice a obtenu 364 voix sur 688 votes valables à la chambre basse du parlement. (Mercredi 14 mars 2018)

Le Bundestag allemand a élu mercredi Angela Merkel chancelière pour un quatrième mandat. La dirigeante conservatrice a obtenu 364 voix sur 688 votes valables à la chambre basse du parlement. (Mercredi 14 mars 2018)

AFP
Le parti social-démocrate lance une campagne pour convaincre ses membres d'approuver un gouvernement avec Merkel. (Samedi 17 février 2018)

Le parti social-démocrate lance une campagne pour convaincre ses membres d'approuver un gouvernement avec Merkel. (Samedi 17 février 2018)

AFP
L'Allemagne doit cesser de donner des leçons budgétaires aux autres pays européens. C'est le credo défendu par le futur ministre allemand des finances Olaf Scholz (photo) dans une interview publiée samedi. (10 février 2018)

L'Allemagne doit cesser de donner des leçons budgétaires aux autres pays européens. C'est le credo défendu par le futur ministre allemand des finances Olaf Scholz (photo) dans une interview publiée samedi. (10 février 2018)

Keystone

Il y a encore beaucoup à faire pour parvenir à un accord de gouvernement entre conservateurs et sociaux-démocrates en Allemagne, a constaté vendredi la chancelière Angela Merkel. Mais son allié bavarois Horst Seehofer a dit espérer une issue positive des négociations d'ici dimanche soir.

«Il y a encore toute une série de points sur lesquels nous ne nous accordons pas», a déclaré Angela Merkel aux journalistes à son arrivée pour une nouvelle séance de discussions. «Il y a de la bonne volonté pour surmonter ces difficultés, mais il y a aussi beaucoup de travail devant nous», a-t-elle ajouté.

Horst Seehofer, dirigeant de l'Union chrétienne-sociale (CSU), alliée bavaroise de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière, ne voit pour sa part aucune raison de prolonger les négociations au-delà de la limite prévue de dimanche soir. «Je pense qu'on en aura terminé dans les jours qui viennent», a-t-il dit. «Pour le moment, il n'y a aucune raison de penser que cela devrait se prolonger au-delà de dimanche.»

L'Allemagne se trouve plongée dans un imbroglio politique inédit depuis les élections législatives du 24 septembre qui n'ont dégagé aucune majorité claire pour gouverner le pays.

Droit du travail

Les négociateurs du bloc CDU/CSU et du Parti social-démocrate (SPD) sont parvenus ces derniers jours à des arrangements sur de nombreuses questions délicates, comme l'immigration, les retraites et le climat. Mais ils s'affrontent toujours sur d'autres dossiers, comme le droit du travail et la santé.

Très divisés sur l'opportunité même de servir à nouveau d'appoint aux conservateurs pour former une coalition majoritaire au Parlement, les sociaux-démocrates exigent pour prix d'une alliance que le recours aux contrats à durée déterminée (CDD) soit restreint et un rapprochement des régimes d'assurance maladie public et privé. Ce que les conservateurs ont jusqu'ici refusé.

Jeudi, Angela Merkel, comme pour amadouer les sociaux-démocrates, a déclaré que la vigueur de la croissance allemande permettait d'envisager une augmentation de la dépense publique. Le gouvernement allemand a considérablement relevé cette semaine sa prévision de croissance pour 2018 qu'il situe désormais à 2,4% contre 1,9% auparavant.

11 milliards pour l'éducation

Les représentants des conservateurs et du SPD ont aussi trouvé un accord jeudi soir sur le déblocage de 11 milliards d'euros destinés à l'éducation qui pourrait, selon une dirigeante du SPD, convaincre ses membres d'approuver la reconduction de la coalition et mettre fin à quatre mois d'impasse politique.

Sur le front social, les salariés de l'industrie ont entamé une troisième grève de 24 heures dans de grandes entreprises, à l'appui de revendications portant sur les salaires et le temps de travail. Ce sont les dernières grèves d'avertissement lancées par le puissant syndicat IG Metall avant un vote sur une prolongation du mouvement social.

IG Metall demande notamment à ce que les ouvriers puissent réduire leur temps de travail hebdomadaire de 35 à 28 heures s'ils ont à s'occuper d'enfants, de personnes âgées ou de parents malades, et reprendre à plein temps au bout de deux ans. Cette idée, dont le patronat dénonce le coût, est défendue par le SPD.

Le SPD a promis de soumettre tout accord avec les conservateurs à l'approbation de ses 440'000 membres. La victoire du «oui» pourrait être compromise par l'opposition de l'aile gauche du parti et de sa branche jeunes à une nouvelle «grande coalition».

Exsangue

La direction sociale-démocrate est sous intense pression de sa base pour obtenir des concessions visibles. Les délégués du parti n'ont accepté que de justesse le 21 janvier l'ouverture de négociations avec Angela Merkel sur un contrat de coalition.

Les jeunes sociaux-démocrates, en particulier, sont vent debout contre une alliance avec Mme Merkel. Vendredi, leur chef, Kevin Kühnert, a réitéré leur «préférence à un gouvernement minoritaire», option rejetée par la chancelière. «Quelqu'un d'autre (que Mme Merkel) pourrait aussi bien diriger» un tel gouvernement, a-t-il dit sur la chaîne RTL.

Le SPD, sorti exsangue des législatives avec son pire score de l'après-guerre (20,5%), est depuis le début de l'année en chute continue dans les sondages : une dernière enquête lui donne à peine 18%, à quatre petits points du parti d'extrême-droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui a fait une entrée en force à la chambre des députés lors des législatives. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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