Désaccords sur l'issue réelle du scrutin
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Désaccords sur l'issue réelle du scrutin

Le candidat de l'opposition à l'élection présidentielle au Kenya, Raila Odinga, a appelé dimanche le chef d'Etat sortant Mwai Kibaki à reconnaître sa défaite, l'accusant de fraude.

«Ce gouvernement a perdu toute légitimité et ne peut pas gouverner», a lancé le député du Mouvement démocratique orange (ODM) trois jours après les élections.

Raila Odinga devançait son adversaire de 38.000 suffrages lorsque la commission électorale a suspendu samedi soir l'annonce des résultats, s'engageant à enquêter sur les accusations de fraude.

«Je souhaite appeler le président Mwai Kibaki à reconnaître et respecter la volonté du peuple kényan et à reconnaître honorablement sa défaite», a poursuivi M. Odinga, visiblement épuisé, avant de demander un nouveau décompte des bulletins.

Le Parti d'unité nationale (PNU) du président sortant a exhorté à la patience en attendant les résultats de la commission. «Aucune autre organisation n'est compétente pour annoncer les résultats», souligne le PNU dans un communiqué. «Nous devons tous attendre patiemment».

En cas de défaite, Mwai Kibaki sera le premier président en exercice à être renversé par les urnes au Kenya.

Le chef des observateurs de l'Union européenne, Alexander Graf Lambsdorff, a lui aussi fait part de ses inquiétudes dimanche concernant le dépouillement. Il a noté qu'il y avait «un point d'interrogation concernant le décompte».

«Nos observateurs ont été renvoyés de plusieurs centres de dépouillement sans avoir obtenu de résultats», a-t-il dit.

Pour la deuxième journée consécutive, plusieurs milliers de personnes sont descendues dimanche dans les rues de Nairobi, protestant contre la lenteur du dépouillement. Au moins trois personnes ont été tuées samedi dans des violences, selon la police.

«Voici nos armes», a souligné Cliff Owino, 24 ans, avec une poignée de pierres dans la main, dans le bidonville de Mathare, où des jeunes installaient des barricades. «Mais un bulletin de vote est notre arme atomique», a-t-il prévenu, alors que d'autres hurlaient «Kibaki doit partir», agitant des machettes en l'air. AP (ap)

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