Corée du Sud : Descente de police dans un syndicat suspecté de «liens» avec Pyongyang 

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Corée du Sud Descente de police dans un syndicat suspecté de «liens» avec Pyongyang 

Les bureaux de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU) ont été perquisitionnés mercredi à Séoul, suite à une longue investigation des services de renseignement.

Le raid a été effectué après que le tribunal a délivré un mandat de perquisition et de saisie.

Le raid a été effectué après que le tribunal a délivré un mandat de perquisition et de saisie.

AFP

Le Service national de renseignement (NIS) et la police en Corée du Sud ont perquisitionné mercredi les locaux de la principale confédération syndicale du pays, dans le cadre d’une enquête sur d’éventuels liens illégaux de certains membres avec la Corée du Nord.

Passible de la prison à vie

En plein cœur de Séoul, les bureaux de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU) ont été perquisitionnés, certains de ses membres étant soupçonnés d’avoir «des liens avec la Corée du Nord», a déclaré le NIS. Officiellement, Séoul est toujours en guerre avec le Nord et sa loi sur la sécurité nationale dispose que même la possession de produits et publications nord-coréens comme le journal d’Etat, le Rodong Sinmun, peut représenter un crime. L’espionnage ou le fait de travailler secrètement pour le régime nord-coréen est réprimé par des peines pouvant aller jusqu’à la prison à vie.

«Avec l’Agence nationale de police coréenne, nous avons mené notre propre enquête pendant plusieurs années sur les liens présumés des suspects avec la Corée du Nord», a dit à l’AFP un responsable du NIS. «Sur la base des preuves obtenues, nous avons jugé qu’une enquête obligatoire était nécessaire, et avons effectué ce raid après que le tribunal a délivré un mandat de perquisition et de saisie», a-t-il ajouté.

AFP

Opération «barbare» 

Selon les enquêteurs, quatre responsables de la KCTU ont rencontré des agents de Pyongyang au Cambodge et au Vietnam, respectivement en 2017 et 2019, a rapporté l’agence de presse sud-coréenne Yonhap. La KCTU a qualifié de «barbare» la descente de police. Elle a également accusé l’administration conservatrice de Séoul de «comploter» contre elle. Cette organisation qui rassemble plusieurs syndicats est notamment liée à l’importante grève des routiers dans les secteurs des carburants et de l’acier entre novembre et décembre.

Le président sud-coréen Yoon Suk-yeol avait fini par ordonner aux chauffeurs de retourner au travail, les menaçant d’amendes voire de peines de prison. Accusées de participer à des activités pro-Pyongyang ou d’espionner pour la Corée du Nord, des milliers de personnes – dont des militants syndicaux – ont déjà été emprisonnées par les gouvernements militaires au pouvoir pendant des décennies en Corée du Sud.

Loi adoptée en 1948 

Très controversée, la loi de sécurité nationale adoptée en 1948 est considérée par les Nations unies comme un sérieux obstacle à la liberté d’expression en Corée du Sud. L’an dernier, deux Sud-Coréens, dont un capitaine de l’armée en service, ont été arrêtés, accusés d’avoir volé des secrets militaires pour le compte d’un agent nord-coréen présumé, après avoir été payés en cryptomonnaie.

(AFP)

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