23.06.2020 à 15:33

Tessin

Désespéré, il propose de payer l’apprentissage de sa fille

Depuis plusieurs mois, une jeune Tessinoise de 18 ans cherche en vain une place d’apprentissage. Son père, ne sachant plus quoi faire pour l’aider, est prêt à payer la formation de sa propre poche. Une pratique interdite.

de
Davide Illaretti/ofu
Keystone

Un père de famille tessinois lance un appel désespéré. Sa fille âgée de 18 ans essaie depuis plusieurs mois de trouver une place d’apprentissage. Pour l’heure, sans succès. Ne sachant plus comment la soutenir, il a pris une décision extrême: le Tessinois habitant la région de Lugano est prêt à payer lui-même le salaire d’apprentie de sa fille si une entreprise veut bien l’engager, rapporte Tio.ch/20minuti. «J’ai contacté plusieurs firmes. Je leur ai fait comprendre que j’étais prêt à tout», raconte-t-il à nos confrères tessinois. «Ce n’est pas correct, mais on ne devrait pas se retrouver dans une telle situation», se plaint le quadragénaire.

Fin mai, seuls 329 contrats d’apprentissage ont été signés au Tessin, soit 12% en moins que l’année dernière. Une trentaine de contrats ont été signés au cours des premières semaines de juin. Les autorités ont récemment rappelé l’importance d’engager des apprentis. Elles espèrent qu’en septembre, 2500 jeunes auront trouvé une place de formation, comme lors des années précédentes.

«C’est une situation frustrante»

Reste que le marché de l’emploi au Tessin, déjà très tendu avant la pandémie, semble souffrir de la crise du coronavirus. En avril, le chômage des moins de 25 ans a augmenté de 18% par rapport à l’année précédente. Les jeunes qui n’ont pas encore fait leur entrée dans le monde du travail, comme la fille du père de famille tessinois, ne sont pas pris en compte dans cette statistique.

«C’est une situation frustrante. Ma fille a commencé à chercher un apprentissage dans le domaine des crèches il y a environ un an, après avoir abandonné le lycée. Les postes sont très rares. Si les autorités ne sont pas en mesure de proposer une formation à ma fille, c’est à la famille de s’en occuper. Du moment que je dois payer pour elle, je préfère qu’elle apprenne un métier», affirme le père de famille.

«À l’encontre de la formation duale»

Pour l’heure, signalent nos confrères, aucune entreprise n’a accepté l’offre du Tessinois. Manuele Bertoli, directeur du Département cantonal de l’éducation, de la culture et du sport, explique: «Il se peut que des parents se disent disposés à financer l’apprentissage de leur enfant. Mais cela va à l’encontre du système de la formation duale.» Selon lui, le département invaliderait tout contrat signé dans de telles conditions.

Manuele Bertoli confirme qu’il est difficile de trouver une place d’apprentissage dans certains secteurs. La pandémie a rendu la recherche de postes encore plus difficile, notamment dans le secteur de la gastronomie. En revanche, en ce qui concerne le domaine des crèches, les autorités ont augmenté les places d’apprentissage d’une classe.

Des mesures d’urgences dans toute la Suisse

Si la situation au Tessin est tendue, la Suisse romande n’est pas en reste: Genève enregistre à ce jour -42% de contrats par rapport à l’an dernier, Vaud -25%, et Fribourg – 13%. Berne et le Valais en ont perdu 4%, le Jura seulement 0,6%, et Neuchâtel ne constate pas de changement, chiffrait la RTS fin mai. Pour faire face aux incertitudes, plusieurs cantons ont pris des mesures, allant des primes pour les entreprises formatrices jurassiennes et genevoises et neuchâteloises au payement de la moitié du salaire des apprentis vaudois de 1ère année. Plusieurs cantons ont repoussé le délai de signature du contrat, et Fribourg a carrément décrété la gratuité des cours pour les adultes sans formation professionnelle, et réduit les charges pour les entreprises, résume l’«Agefi».

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130 commentaires
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Hägar Dünor

24.06.2020 à 05:20

Ce modèle économique n'est plus viable, d'un côté les salariés sont pressurisés, l'âge de la retraite repoussé, de l'autre, le flot de chômeurs et jeunes en recherche d'emploi ne cessent de grandir, même avec de bonnes qualifications les perspectives sont sombres. Seules les riches satisfont de cette situation, leur fortune globale est en constante augmentation...

et quoi dautre

24.06.2020 à 04:43

Forte chute de la croissance économique en 2020

bob

24.06.2020 à 04:12

mais que les cantons se remettent un peu en question avec tout ce qu ils demandent aux entreprises formatrices... ça devient beaucoup trop lourd administrativement parlant avec toutes les lois et règlements...