Destruction en direct de Manhattan
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Destruction en direct de Manhattan

«Cloverfield». Soyons clairs, l'intérêt principal de ce film
apocalyptique repose sur son hyperréalisme, dû à la caméra à l'épaule.

Toute ressemblance avec «Projet Blair Witch» ou «Godzilla» n'est pas fortuite. C'est en voyant l'étendue des produits dérivés de ce dernier que le producteur J. J. Abrams a eu l'idée de toucher lui aussi le gros lot.

Pardon, de faire un film catastrophe majeur. Heureusement pour nous, J. J. Abrams («Lost», «Alias») est plus malin que la moyenne, et quand il décide d'anéantir New York avec une grosse bébête, eh bien il le fait caméra à l'épaule. C'est le point fort du film, effets spéciaux à l'appui. Sans cela, «Cloverfield» n'aurait été qu'une énième attaque de la Grosse Pomme. Filmé façon «9/11» des frères Naudet, «Cloverfield» pourrait tout à fait passer sur CNN et, ni une ni deux, ficher la frousse au monde entier.

Nonobstant une progéniture velue et péniblement arachnéenne, le monstre en lui-même se révèle en revanche décevant anatomiquement parlant. Et ce malgré un énorme buzz internet (indispensable à toute réussite commerciale) l'annonçant comme le plus terrible de tous les temps. ça détruit, ça croque les hommes, ça fiche le bazar, ça vient d'on ne sait où, mais, au final, on regrette l'absence d'un message un peu plus fort de la part de J. J. Abrams. Du genre: «Voyez où la société consumériste vous mène», ou: «Voilà de quoi l'homme est capable.» Pour ça, il faudra attendre le film d'horreur «The Mist», tiré d'un roman de Stephen King, le 28 février en salles.

Elsa Duperray

Cloverfield

De Matt Reeves avec Michael Stahl-David, Lizzy Caplan

De Matt Reeves avec Michael Stahl-David, Lizzy Caplan

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