Actualisé 21.02.2014 à 08:48

GenèveDétenus de Champ-Dollon à Curabilis?

La future prison devant accueillir des personnes psychologiquement atteintes pourraient aussi loger des prisonniers en exécution de peine. Des députés s'en inquiètent.

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Le chantier de la prison de Curabilis a débuté le 3 novembre 2009.

Le chantier de la prison de Curabilis a débuté le 3 novembre 2009.

La prison de Curabilis, qui ouvrira le 4 avril, servira-t-elle à désengorger la surpopulation de Champ-Dollon? Selon «Le Courrier», cela se pourrait bien. Le journal indique que deux pavillons de l'établissement destiné aux détenus souffrant de troubles psychiatriques accueilleront des prisonniers en exécution de peine. Au total, ce serait 30 places sur 92 qui y seraient dédiées. Ni le département de la sécurité, ni les Hôpitaux universitaires (HUG) ne confirment.

«Tout est très confus»

«Le département nous a fait part depuis longtemps de son intention d'utiliser deux pavillons de quinze places pour l'exécution de peines et non des mesures thérapeutiques, indique le président du syndicat de la gendarmerie UPCP. Mais tout est très confus.» Christian Antonietti redoute même que les deux derniers pavillons ne soient jamais ouverts. En cause: le manque de gardiens de prison.

Aux HUG, une source interne confirme ce scénario tout en la déplorant. «Mélanger des prisonniers ordinaires avec des détenus malades n'est pas idéal, estime-t-elle. Cela risque de créer la confusion autour de l'identification du lieu. C'est surtout le meilleur moyen pour que l'affectation des pavillons ne change jamais.»

Députés perplexes

Inquiets, certains députés entendent demander des comptes au conseiller d'Etat Pierre Maudet. C'est le cas du PDC Bertrand Buchs. «On a investi des millions dans Curabilis, tout en sachant déjà qu'on ne construirait pas suffisamment de places. Y mettre des détenus normaux, c'est jeter l'argent par les fenêtres.» «La cohabitation des différents statuts de prisonniers paraît hautement complexe», juge pour sa part le PLR Renaud Gautier.

Plus résignée, la socialiste Lydia Schneider-Hausser conclut: «ne pas ouvrir comme prévu serait regrettable, mais il serait tout aussi insupportable de garder des places vides alors que des détenus vivent entassés dans le bâtiment d'en face».

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