Actualisé 01.09.2015 à 14:14

Justice

Détenus norvégiens exilés aux Pays-Bas

Dans le cadre d'un rare, et controversé, accord de coopération carcérale, la Norvège a inauguré mardi le transfert de ses prisonniers.

La prison de Norgerhaven, aux Pays-Bas, a accueilli mardi ses premiers prisonniers venus de Norvège.

La prison de Norgerhaven, aux Pays-Bas, a accueilli mardi ses premiers prisonniers venus de Norvège.

«Les premiers prisonniers sont arrivés», a déclaré à l'AFP Karl Hillesland, le nouveau directeur norvégien de la prison néerlandaise de Norgerhaven. Faute de place, plus de 1000 criminels attendent de payer leur dette à la société en Norvège, pays où la plupart des détenus bénéficient d'une cellule individuelle.

Pour remédier à cette pénurie, le pays scandinave a conclu un accord avec les Pays-Bas, qui disposent de places vacantes, pour leur louer la prison de Norgerhaven, au grand dam des détenus de cet établissement qui ont lutté pour conserver leurs «cellules de luxe», selon la description des médias néerlandais.

Le premier transfert a concerné 25 détenus, arrivés à temps pour la remise officielle des clés de la prison, qui aura lieu mercredi entre les ministres de la Justice des deux pays.

«Prison très douillette»

Dans l'établissement, les prisonniers purgeant de longues peines peuvent cultiver des légumes, élever des poulets, cuisiner et, surtout, contempler la campagne alentour. «C'est une prison très douillette, une prison agréable», a déclaré à la chaîne norvégienne NRK Kenneth Vimme, qui purge une peine de 17 ans pour meurtre et qui s'est porté volontaire pour cet exil.

Il a toutefois déploré la perte de plusieurs chaînes de télévision norvégiennes dans le bouquet offert aux prisonniers et le fait que certains détenus se rendront à Norgerhaven contre leur gré, ce qui pourrait selon lui provoquer des tensions.

Sur le premier lot de 112 détenus désignés, seuls 79 se sont portés volontaires. Les autres n'ont pas eu le choix. Norgerhaven accueillera à terme 242 prisonniers venus de Norvège.

Réhabilitation pénalisée

L'association norvégienne représentant les familles des détenus s'est élevée contre ce déplacement à l'étranger et a critiqué ses modalités. «Purger sa peine aussi loin de chez soi se fait au détriment des chances de réhabilitation dans la société et des possibilités de visite pour les proches», a déclaré à l'AFP la présidente de cette association, Hanne Hamsund.

Les Pays-Bas louent déjà à la Belgique, elle aussi confrontée à une surpopulation carcérale, des places de prison. (afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!